Viticulture : vingt-six idées pour sortir de la crise

Nouvelle hiérarchisation de la gamme, restructuration du secteur coopératif, diminution des coûts de production, voici quelques-unes des actions qui figurent au sein du plan stratégique pour l'avenir du Beaujolais, dévoilé en fin de semaine dernière.
Ne plus être les derniers de la classe". C'est par cette formule que Ghislain de Longevialle, a résumé l'ambition qui accompagne la mise en œuvre du plan stratégique pour l'avenir du vignoble beaujolais. "Ce document représente un cap à tenir. Il faut être capable de montrer que la région peut faire sa révolution pour regagner des parts de marché", a déclaré le président d'Inter Beaujolais.
Le "document unique de programmation" présenté en fin de semaine dernière par le sous-préfet Bernard Guérin s'appuie sur les propositions d'Alain Bollio, ingénieur général du génie rural et des eaux et forêts, au chevet du vignoble depuis un an.
Elaboré en partenariat avec toutes les forces vives de la filière, ce plan repose sur quatre piliers : gestion concertée de l'offre, production et qualité, promotion et commercialisation, et enfin gestion, gouvernance et communication. Ces quatre axes sont déclinés en vingt-six actions. Parmi elles, on citera la hiérarchisation de l'offre : "Mettre en œuvre une offre plus lisible pour le consommateur, mieux adaptée aux exigences du marché mondial et assurant de fait un meilleur revenu aux producteurs", lit-on dans la synthèse du plan, qui pointe également du doigt la possibilité de créer de nouveaux produits (vin de pays, jus de raisin...).
Le plan insiste également sur la baisse nécessaire des coûts de production, aujourd'hui supérieurs à 9 000 euros par hectare, la moyenne française ne dépassant pas les 5 000 euros à l'hectare. Pour cela, la baisse des densités de plantation est à l'étude, "afin de passer de 9 000 pieds à l'hectare à 4 000 ou 4 500, soit un rang sur deux arrachés", selon les responsables viticoles. Une idée qui se heurte pour l'heure à un décret. De manière générale, la mise en œuvre du plan pourrait assez souvent se confronter à de nombreuses barrières réglementaires. Les responsables de la filière, réunis au sein d'un comité de pilotage, auront la difficile tâche d'obtenir l'assouplissement de certains textes.
Un observatoire pour le vignoble
Au chapitre "promotion et commercialisation", l'action numéro 15 évoque la structuration du secteur coopératif. Une question apparaît en filigrane : faut-il conserver les dix-huit coopératives existantes en Beaujolais ? Le plan propose ainsi de "générer des économies d'échelle par le regroupement d'infrastructures et la mise en commun de moyens humains, techniques, administratifs et financiers".
En matière de gestion et de gouvernance, le chantier est là aussi colossal. "Le vignoble manque d'outils de veille économique nécessaires au suivi des marchés", a relevé Alain Bollio lors de son allocution. Un observatoire du vignoble devrait ainsi être créé. Autre objectif, renforcer le rôle de l'interprofession dans la gestion de la filière. Ces actions pourraient être menées dans le cadre du grand bassin Bourgogne.
"Ce plan d'avenir doit aider la viticulture à monter dans le train de la mondialisation, dont les effets vont être de plus en plus forts au cours des vingt prochaines années", a conclu Bernard Guérin. Le Beaujolais est à la croisée des chemins. C'est maintenant ou jamais.
Julien Verchère
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