Viticulture. Maison du Chamarier : c'est non

Par 45 voix contre et 21 pour, le conseil d'administration de l'UVB a refusé le projet de maison de promotion du Beaujolais dans l'immeuble du Chamarier, à Lyon. La raison : un prix jugé exorbitant. Mais l'Inter s'était prononcé pour.
La décision était attendue tant la base semblait réticente à l'énoncé du projet de maison du Chamarier. Elle est tombée mardi matin, à l'issue du conseil d'administration de l'Union viticole qui a vu 67 votants se prononcer sur le sujet : 21 voix pour, 45 contre, 1 nul.
Sans ambiguïté, donc, cette large majorité a repoussé le projet : "C'est la deuxième fois que nous consacrons un conseil d'administration à ce dossier et nous nous sommes prononcés dessus de façon claire", résumait le président Bruno Matray. Un premier conseil d'administration n'avait pu amener de position majoritaire, et il avait été choisi de prendre le temps de la réflexion.
Bruno Matray explique les grandes lignes de la réflexion des administrateurs. "C'était un projet très ambitieux et très onéreux. Aussi, bien que l'on soit d'accord sur le principe d'une ambassade à Lyon, nous avons choisi de préserver le budget communication de l'Inter profession pour des campagnes de promotion sur le produit."
Sur un plan comptable, la rénovation de ce bâtiment classé monument historique du quartier Saint-Jean aurait coûté environ 5 millions d'euros (soit un an de budget de l'Inter). Et les frais de fonctionnement, sans le personnel, se seraient élevé à 400 000 euros par an. Autre point qui a sans doute compté, selon Bruno Matray, les aides potentielles n'étaient toujours pas connues et les partenariats d'autres structures beaujolaises pour faire de cet immeuble un projet à l'échelle de la région n'étaient pas encore finalisés.
Ce qui laissait la place au flou et à l'élément conjoncturel qui a sans doute lourdement pesé dans la décision : alors que les marchés se passent à 50 euros l'hectolitre, la cotisation volontaire obligatoire de 6 ou 7 euros peut difficilement être investie dans un projet aussi luxueux sans créer un nouveau mouvement d'humeur de la base, assez largement opposée au projet. Et le Beaujolais n'a pas besoin de ça. D'autant que la maison du Chamarier, connue sous ce vocable, ne pouvait pas être débaptisée...
Les arguments des "pros", à savoir un site exceptionnel dans un quartier très touristique, n'ont pas convaincu. On peut néanmoins se poser la question de savoir si le Beaujolais a laissé passer une opportunité. C'est difficile à dire tant ce projet est basé sur le long terme (quatre ans de travaux), laissant du temps au vignoble pour se restructurer.   
Mais il ne faudrait surtout pas que cette décision génère de nouvelles crispations entre la production et le négoce. L'Inter beaujolais, à l'origine du projet, s'était évidemment prononcé pour à plusieurs reprises. En conseil d'administration de novembre 2005, et en assemblée générale en janvier 2006 le dossier avait été approuvé, y compris par la production. Mais dans des situations particulières : le pouvoir était vacant à l'UVB en novembre et l'AG de janvier avait été marqué par l'apogée du conflit entre Matray, qui venait d'être élu à la tête de l'UVB, et De Longevialle. Depuis, les choses ont beaucoup changé.
Le 20 juillet prochain l'Ag de l'Inter devra permettre de trouver un accord statutaire. "Ce n'est pas la première fois que les deux familles ne sont pas d'accord", tempère Bruno Matray qui met en avant d'autres priorités : "Le prochain millésime arrive, il faut travailler sur son encadrement."
D.B.
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