Viticulture : le Beaujolais

Crise oblige, le vignoble beaujolais poursuit sa mutation à marche forcée. De la baisse des densités de plantation à la réforme de l’agrément, l’union viticole a profité de son assemblée générale pour présenter les avancées concernant les outils et mesures destinées à restructurer et moderniser le vignoble.
L’état du vignoble est stationnaire. Les chiffres des cours qui circulent dans les conversations suffisent à rappeler que la crise est toujours là. Pour autant, une fois absorbées les dernières répliques du séisme qui a secoué les instances à l’été 2005, l’union viticole a repris son bâton de pèlerin pour tenter de trouver des portes de sortie vers un futur meilleur. «L’activité est intense au 210», a souligné le président Matray lors de l’assemblée générale du syndicat organisée à Fleurie jeudi dernier.
Les chantiers destinés à moderniser le vignoble sont nombreux, témoignage d’un véritable changement d’époque. La campagne d’arrachage définitif se poursuit, mille hectares supplémentaires devant disparaître cette année. D’autres solutions arrivent également à maturité. «Nous devons absolument faire baisser nos coûts de production, actuellement autour de 9 000 euros à l’hectare. Cela passe par la baisse de densités», a notamment souligné M. Matray, soulignant que la réécriture des décrets était en bonne voie. «On a besoin de réponses rapides sur ce sujet», a ajouté le président de l’UVB. L’adaptation du vignoble, avec par exemple l’arrachage d’un rang sur deux ou trois, devrait précipiter l’utilisation élargie de la machine à vendanger. Une commission d’enquête de l’INAO doit venir en Beaujolais dans les prochains jours pour plancher sur ces sujets. «Le dossier densité / rendement doit aboutir très bientôt afin d’envisager les premiers travaux à l’automne», a plaidé Bruno Matray.
La réforme du contrôle agrément aboutira à la réalisation des contrôles par un organisme tiers. Dans le cas beaujolais, il pourrait s’agir de l’actuel Cibas, une solution plus économique qu’un éventuel recours auprès d’un organisme certificateur extérieur. Pour les viticulteurs, les contrôles ne seront plus systématiques, mais ils concerneront l’ensemble de l’exploitation, avec une bascule vers l’amont (habilitation des caves, état des vignes). La dégustation et/ou l’analyse seront possibles chez le viticulteur lors de la transaction ou chez le viticulteur et le négoce lors de l’embouteillage. Le certificat d’agrément papier sera abandonné au profit d’une habilitation.
Egalement au menu des prochains mois, la poursuite de la redistribution des tâches parmi les permanents de l’UVB. «L’audit effectué l’année dernière nous a amené à embaucher Gilles Gouttenoire. Nous recruterons également très bientôt l’adjoint de Pierre de Sigoyer, actuel directeur», a souligné Bruno Matray.
Mais l’urgence, c’est la prochaine récolte. L’union viticole va donc se pencher sur la question des rendements, «à régler très rapidement au vu de la précocité de l’année», dixit Matray. Le début des vendanges est en effet annoncé aux alentours du 20 août.
Julien Verchère
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