Vins de Pays : feu vert accordé

L'information n'a pas encore été publiée par le journal officiel, mais le Beaujolais a bien reçu l'autorisation de produire des vins de pays dès 2006.
Cette fois c'est sûr, on pourra produire du vins de pays en Beaujolais dès cette année. Même si l'autorisation ministérielle n'est pas encore signée, même si le décret n'est pas encore passé au journal officiel, les instances beaujolaises ont reçu le feu vert du ministère et de la répression des fraudes pour créer une zone mixte de "vins de pays." Les quatre-vingt seize communes de la région beaujolaise, dont onze situées en Saône-et-Loire, sont autorisées à en produire.
Une bonne nouvelle pour ceux, caves coop, négociants, voire particuliers, qui souhaitent se lancer dans l'aventure et qui n'avaient d'autre choix que de récolter et de stocker en attendant une officialisation. Désormais, ils savent à quoi s'en tenir sur le plan réglementaire. A savoir une récolte maximale de 85 hl/ha pour les rouges, de 90 pour les blancs. Le rendement minimal doit être d'au moins 10 % supérieur à celui des vignes en AOC, afficher 12,5° maximum et, surtout, être stocké de façon distincte et être indiqué comme vin de pays lors de la déclaration de récolte.
Quant au cépage, celui du Vin de pays des Gaules sera quasi obligatoirement du gamay, puisque les textes indiquent que seuls les cépages recommandés pour le département sont autorisés (ils ne sont d'ailleurs pas les mêmes selon que l'on soit dans le Rhône ou en Saône-et-Loire). Or, en Beaujolais, la surface cultivée de syrah, par exemple, de dépasse pas... 3 ha !
C'est pour passer outre ce problème qu'une "surlabellisation" en vin des Comtés Rhodaniens a été demandée auprès de ce syndicat qui regroupe les vins d'Ardèche, de Montélimar, de Grignan... "Ils doivent modifier leurs décrets pour nous intégrer, cela ne devrait pas intervenir avant début 2007. Ensuite, les opérateurs pourront aller chercher des vins en Drôme-Ardèche, pour faire des assemblages", résume Patrice Dumas, le président du syndicat vins de pays créé il y a peu.
Quels cours ?
Quels seront les débouchés pour ce vin qui ne portera nulle part la mention "beaujolais" ? "On peut estimer que les vins de cépages seront plus aptes à résister aux vins du nouveau monde, pronostique Michel Desflache, en charge du dossier à l'Inter. On a déjà une demande. De plus, la liberté y est plus grande, on peut créer des marques."
"Avec un vin naturellement fruité, on pourra regagner des parts de marchés plus facilement à l'export, poursuit Patrice Dumas, surtout que le gamay est très peu planté ailleurs."
Reste l'argument économique : les partisans du vins de pays notent que les rendements pourront alléger les frais de production, que la taille sera libre et la récolte mécanique également.
Mais tout cela n'existera qu'à condition d'avoir un marché et des cours suffisants. Les opérateurs semblent intéressés, pour de faibles volumes (20 000 hl) actuellement. Quant aux cours, ils sont de 70 euros/hl sur le marché actuel très limité des vins de pays en gamay, sans que ce prix puisse être retenu comme valeur indicative.
"Quoi qu'il en soit, cette année sera celle de l'expérimentation, note Patrice Dumas. Des choses vont évoluer l'année prochaine. Un engagement de production triennal à la parcelle est envisagé."
D.Besson
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