Vignerons indépendants : un pont entre producteur et consommateur

Le salon des vignerons indépendants débute aujourd'hui à Lyon pour refermer ses portes dimanche soir. Rencontre avec Jean-François et Pierre Bergeron, viticulteurs à Emeringes, qui représenteront le Beaujolais lors d'un événement notamment destiné à rapprocher le vigneron du consommateur.
Il y a vingt ans, Jean-François Bergeron vivait son premier salon, à Paris. Depuis, l'homme a vu défiler des milliers de personnes devant son stand, dans la capitale, mais aussi à Strasbourg, Lille et bien entendu Lyon, où débute aujourd'hui une nouvelle "aventure". L'édition 2005 du salon des Vignerons indépendants débute en effet ce jeudi après-midi à la halle Tony Garnier, pour refermer ses portes dimanche soir. Un événement qui regroupe environ 500 viticulteurs issus de toute les régions de France. Les frères Bergeron occuperont le stand E81. Un numéro parmi d'autres. Une sacrée concurrence... "Les stands sont livrés clés en main par les organisateurs. On a tous le même espace, le même matériel. Au début du week-end, on part sur la même ligne. A notre charge de faire marcher les affaires", déclare Jean-François.

Dans ces circonstances, l'un des atouts maîtres est de disposer d'une gamme élargie, histoire d'attirer l'oeil. "Il est indispensable de pouvoir proposer une certaine diversité de produits, tout en s'appuyant sur des valeurs sûres. Si je veux que l'on remarque mon beaujolais-Emeringes, il faut d'abord que j'attire le client avec un grand nom comme moulin à vent", poursuit l'homme. Savoir vendre une image, un domaine. Forcer sa nature d'homme de la terre, pour se muer en commercial placé dans un bocal avec quelques centaines de concurrents. Mais toujours rester soi-même. "Les visiteurs ont avant tout envie de rencontrer un viticulteur, d'avoir une vraie discussion avec les producteurs. Hormis pour les grands noms, les gens veulent goûter, comparer".

Une mine d'idées
Au fil des ans, de discussions en dégustation, certains clients sont ainsi devenus des amis. "C'est aussi l'aboutissement de la somme de travail fourni au quotidien. Quand on arrive à séduire le visiteur, on se dit qu'on a pas fait cela pour rien", sourit Jean-François Bergeron.
A côtés des amitiés tissées avec les clients, les frères d'Emeringes ont également puisé dans la diversité des vignobles représentées des clés pour bâtir un avenir serein. "En 20 ans, j'ai pu discuter avec des centaines d'autres viticulteurs, évoquer nos situations respectives, c'est très enrichissant". Après Lyon et la sortie du beaujolais nouveau, Pierre Bergeron "montera" à Lille. "Dès qu'il revient, je remonte illico à Paris", ajoute Jean-François, qui lancera pas moins de 1200 invitations pour ce seul événement.
"C'est un gros boulot, mais ça paie. Et puis cela nous oblige à nous remettre en cause sans arrêt, à la lumière de ce que font les autres régions par exemple. Il faut que les viticulteurs du beaujolais viennent à Lyon. Le salon est bourré de bonnes idées, à chaque stand", conclut le viticulteur d'Emeringes, qui, dans la tempête actuelle, essaie coûte que coûte de s'accrocher aux branches.
Julien Verchère
Horaires : jeudi 27 de 15 h à 22 h, vendredi 28, samedi 29 et dimanche 30 de 10 h à 20 h, lundi 31 de 10 h à 18 h.
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