Vendanges : le ban sera connu le 9

Au vue des résultats des prélèvements du 1er septembre, la date du ban des vendanges s'établira entre le 13 et le 16 septembre, la date précise sera déterminée le 9 septembre en fonction de l'évolution constatée lors des prochaines analyses. En prélude à cette nouvelle campagne des vendanges, Thierry Saint-Cyr, secrétaire général du Comité permanent du Beaujolais, fait le point sur la situation viticole : mesure préfectorale pour les viticulteurs sinistrés par la grêle, arrachage, nouveaux produits.
Le Patriote : à une dizaine de jours des vendanges et après la grêle qui a touché les vignes, quel état faites-vous du vignoble ?
"La récolte sera faible mais en même temps c'est un bon signe pour la qualité car les tanins et les sucres sont concentrés. Au moment où nous parlons, nous n'avons pas eu de pluie pendant une semaine (du 18 au 24 août), il faudrait que cela dure, ces derniers jours seront déterminants, nous comptons sur une belle arrière-saison. Je tiens à préciser que la grêle n'a pas de conséquence directe sur la qualité du beaujolais. Sur les 5 000 hectares touchés, 2 500 ont été détruits, pour l'autre partie il faudra trier et vinifier correctement."
Le préfet du Rhône a décidé de la mise en œuvre d'une mesure exceptionnelle d'achat de vendange et/ou de moûts par les viticulteurs sinistrés pour compenser partiellement leur production ; concrètement comment les viticulteurs devront procéder ?
"Cet arrêté préfectoral émane d'une demande de la profession : du Comité permanent du Beaujolais et de la section viticole de la FDSEA. Les exploitations viticoles éligibles à cette mesure doivent avoir subi des pertes par couleur et par appellation au moins égales à 25 % de leur production moyenne des cinq dernières années et dont les parcelles sont situées sur certaines communes*. L'achat se fera spontanément entre viticulteurs de la même appellation, le Comité permanent du Beaujolais pouvant servir de liaison."
Le Beaujolais a perdu plusieurs centaines de producteurs, près de 3 000 hectares ont été arrachés, en cette période de pré-vendanges, quel est votre sentiment général sur l'avenir ?
"Malgré les difficultés, on s'accroche à ce que l'on a toujours aimé et nous croyons au produit, nous avons un nom unique connu dans le monde entier, et d'autres vins issus de Gamay font leur apparition, il y a de la nouveauté. Ceci dit, il faut rester sur nos valeurs de terroir et de tradition sans être dans le ringard. La demande des clients va dans ce sens. Rappelons aussi que la consommation en France a baissé de trente litres par habitant et par an, ce qui ne facilite pas la tâche. D'un autre côté nous misons sur plusieurs marchés, notamment en Inde et en Asie. Il faut aussi faire en sorte que les viticulteurs et les négociants amplifient les ventes à l'export. La vente directe doit être également encouragée. Dans les projets, nous avons émis le souhait, entre autres, de notre participation à un salon permanent dans le monde entier. C'est une bonne piste commerciale.
Pour revenir sur les questions de l'arrachage, les viticulteurs sont aidés financièrement par l'Europe et le Département. Ils restructurent leur vignoble mais n'arrêtent pas pour autant leur activité. Par contre pendant dix ans ils n'auront pas le droit de vendre leur terrain pour construire et devront s'engager à l'entretenir. Ces terrains sont reconvertis en pré, il faut préciser que d'autres cultures ne sont pas envisagées en remplacement pour l'instant."
De nouveaux produits font leur apparition : le Red de toi, le Roz émoi, le Red bulles (des effervescents), et le blanc est de plus en plus apprécié...
"Le blanc représente 1 à 2 % de l'appellation beaujolais et beaujolais-villages, nous produisons aussi de bons rosés mais pour l'instant la production reste confidentielle. Par contre il y a une demande en marché pour le Crémant. Parmi les nouveautés, le Red bulles est un rouge effervescent (7,5°) vendu au château de l'Eclair et le Red de Toi plus doux (7,5°) vendu entre autres dans les caves coopératives de Theizé et de Bully et chez les producteurs. Nous avons également créé une SARL appelée Terre B qui réunit dix-sept viticulteurs et coopératives pour la production du rosé effervescent Roz émoi et le Red de Toi (rouge effervescent). Nous aimerions emmener beaucoup de monde derrière ces produits, d'autant plus que les effervescents ont un faible degré d'alcool et correspondent à une consommation tendance à savoir bulles et demi sec. Nous avons également lancé une étude sur les jus de raisin qui sont produits actuellement de manière très confidentielle."
En conclusion, dans quel esprit les vendanges d'après vous doivent-elles se dérouler ?
En toute confiance dans l'avenir de notre terroir, le travail de gestion de crise a été effectué, la profession s'est restructurée et travaille à de nouveaux produits, le vignoble appartient aux vignerons, c'est leur territoire il faut maintenant mettre l'accent sur la commercialisation."
Propos recueillis par Laurence Chopart
* voir Patriote du 28 août
| Mentions légales |   | Connexion |   © Création du site Internet et référencement : Appli-Box