Vendanges : de quoi retrouver le sourire ?

La récolte a débuté dès mardi dans les zones les plus précoces du Beaujolais. Reportage à Saint-Etienne-des-Oullières, où, de la vigne à la cave coopérative, l'optimisme est de rigueur.
C'est parti ! Les vendanges 2006 ont débuté dès mardi dans les zones les plus précoces du Beaujolais, de Lancié à Blacé, en passant par Charentay. Mais c'est à Saint-Etienne-des-Oullières que l'activité a d'emblée été la plus soutenue.
Première cave coopérative de la région à ouvrir ses portes, le Cellier des Saint-Etienne démarre une campagne dont la durée devrait avoisiner la vingtaine de jours. "On essaie d'étaler au maximum les apports pour se donner le temps de réaliser du bon travail à la cave", indique Emmanuel Gaillard, caviste d'un établissement qui recevra le raisin d'environ cent soixante exploitants.
Mardi après-midi, quelques heures seulement après le top départ, les premiers commentaires sont plutôt positifs sur le quai de déchargement. "Le degré est assez élevé, ce qui est une bonne surprise. La vendange est très saine pour l'instant ; même les coups de grêle qui ont affecté la zone n'ont pas eu un impact trop marqué. Enfin, le niveau acide est intéressant sur notre secteur", relève M. Gaillard, tandis que les viticulteurs présents ne se lassent pas d'admirer le fruit de leur travail et de la nature mêlés. D'abord pesés, les premiers bacs à vendanges de l'année 2006 peuvent alors être mis en cuve. "On démarre uniquement sur les beaujolais-villages et beaujolais-rosé", précise Emmanuel Gaillard. Le pic d'activité devrait être atteint ce week-end au Cellier des Saint-Etienne. Vingt-cinq personnes travailleront alors pour le compte de la coopérative.
Quelques kilomètres plus loin, sur la route menant à Odenas, une troupe se courbe sur les ceps, sous la chaleur revenue de cette fin d'été. Nous sommes dans les vignes de Bernard et Jean-Michel Sauzon, producteurs de beaujolais-villages.
Une trentaine de coupeurs venus de tous horizons se sont lancés le matin même, serpette en main, à l'assaut d'un vignoble qu'ils découvrent pour beaucoup. "Le paysage est magnifique. Et puis, on ne retrouve une aussi bonne ambiance nulle part ailleurs", sourit une jeune fille venue de Normandie. La plupart des coupeurs sont étudiants, recrutés par le bouche à oreille le plus souvent, via l'ANPE pour quelques-uns. Une troupe cosmopolite, composée de Français, Belges, Chinois ou Malgaches. "La troupe se renouvelle un peu chaque année, à mesure que les gens rentrent dans la vie active", s'amuse Jean-Michel Sauzon, soulignant qu'il avait été contraint de refuser un grand nombre de personnes cette année. Sans doute que la maison doit être bonne...
"Regardez ça ! C'est pas magnifique ?", coupe-t-il, pointant du doigt le bac débordant de belles grappes noires. Avec l'aide du ciel, d'un bleu incomparable, la campagne est lancée sous de bons auspices.
Julien Verchère
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