Vendanger en octobre, ça change quoi ?

Le Beaujolais n'avait pas connu cela depuis longtemps : la récolte va s'étirer jusqu'au 10 octobre environ. Quels sont précisément les risques, contraintes mais aussi avantages de ces vendanges tardives ? Nous avons posé la question à Daniel Bulliat, président de l'ODG beaujolais/beaujolais-villages et viticulteur sur les hauteurs de Beaujeu.
On a déjà achevé de vendanger au mois d'octobre en 2001 et 2004, mais c'est la première fois depuis très longtemps que je vais récolter aussi tard." Daniel Bulliat, président de l'ODG beaujolais/beaujolais villages, sera également l'un des derniers viticulteurs à achever le ramassage, une bonne partie de ses vignes étant situées sur les hauteurs de Beaujeu. "On aura terminé mardi ou mercredi prochain", prévoit-t-il. Soit le 8 ou 9 octobre.
Avec le début de l'automne, des jours raccourcis, et des températures nocturnes peu élevées, ces vendanges tardives entraînent-elles des difficultés particulières ? "Aucune", coupe Daniel Bulliat, mettant en avant la météo très favorable des dernières semaines. "Plus les jours avancent, et plus les raisins ramassés sont beaux", précise-t-il. "Le bon état sanitaire de la vendange nous a permis d'attendre. Avec le beau temps, il n'y a aucun problème à vendanger en octobre. La maturation continue à se faire, certes pendant une durée plus limitée qu'en septembre. Ce serait très différent si l'ensoleillement était moindre, note le vigneron. Quant aux températures, elles ont parfois été limites le matin la semaine dernière, mais ça va mieux désormais. C'est évident qu'il vaut mieux éviter de se rapprocher trop de zéro. Mais notons que la fraîcheur a permis de raffermir le raisin", analyse Daniel Bulliat, constatant que les zones tardives sont à nouveau favorisées par la météo cette année, comme cela était déjà le cas en 2007.
Beaujolais nouveau : une course contre la montre
"Même si on reste en dessous du rendement d'appellation, on se régale depuis quelques jours. Le vendange est belle. Le soleil change tout, et je n'ai plus forcément la même approche du millésime qu'au début du mois de septembre", note-t-il. Vendanger aussi tardivement serait donc une chance en 2008.
Il existe cependant un inconvénient majeur : le temps très limité avant le déblocage du beaujolais nouveau. "C'est surtout vrai pour les marchés à l'export, pour lesquels il faut ajouter la durée de livraison. Il va falloir faire vite", avoue Daniel Bulliat, qui doit acheminer du vin primeur au Japon dès les premiers jours de novembre. "Cela nous laisse seulement un mois, c'est suffisant pour les fermentations alcoolique puis malo-lactique, mais il ne faut pas faire d'erreur, au risque de ne pas être prêt à temps", délivre-t-il, soucieux avant tout de ne pas entamer la qualité du produit. "On peut aller plus vite pour la fermentation alcoolique, en laissant monter la température dans les cuves, mais on court le risque de perdre le caractère fruité", explique Daniel Bulliat, concluant sur une note de prudence. "Même si octobre est déjà entamé, mieux vaut ne pas se précipiter."
Julien Verchère
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