Union viticole. Jean-Luc Bourbon :

Sept membres du Groupe vin des Jeunes agriculteurs ont démissionné du conseil d'administration de l'UVB lundi soir. Président du groupe depuis trois ans, Jean-Luc Bourbon explique les raisons de ce coup de force. Et insiste sur le mauvais fonctionnement de l'union viticole.
Le Patriote : "Quelles raisons vous ont poussé à quitter le conseil d'administration de l'Union viticole ?
Jean-Luc Bourbon : "Cette décision doit être vue comme un signal d'alarme que je tire. C'est une façon de montrer mon désaccord avec un conseil frappé d'immobilisme.
Les conditions dans lesquelles se déroule la campagne du primeur ont été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. L'érosion sur les prix a débuté dès les premiers jours du marché. Je pensais que la profession allait réagir fortement, par exemple en bloquant les enregistrements. Mais personne n'a osé. Il y a trois ans que je siège à l'union viticole et à chaque fois c'est la même chose, on réagit trop tard. Dans ces conditions, je pense avoir perdu mon temps à l'UVB. Je ne me sens plus solidaire."
"Sur quel compte mettez-vous l'inertie des instances ?"
"L'immobilisme est le résultat des combats de personnes qui continuent d'exister à l'intérieur du conseil d'administration. J'ai soutenu énormément Bruno Matray. Mais le consensus qu'il a voulu ne fonctionne pas. Quand on voit des gens de l'équipe sortante qui votent contre des idées qu'ils défendaient quelques mois plus tôt... Derrière une façade polie, le fossé entre les deux équipes en concurrence l'année dernière existe toujours. Le Beaujolais n'avance pas. Le meilleur exemple reste l'Amicale des beaujolais-villages, où Daniel Bulliat éprouve de grandes difficultés à fédérer les gens."
"Le mouvement de grogne d'août 2005 n'aurait donc servi à rien ?"
"On n'a pas été jusqu'au bout de la logique. Selon moi, il fallait tout détruire pour reconstruire. C'est l'ensemble des hommes qui aurait dû être renouvelé. Mais certains se sont accrochés à leur poste."
"Votre décision, associée à celle des autres jeunes viticulteurs, annonce-t-elle un divorce entre générations ? Une forme de renoncement de la part de la jeunesse ?"
"Non, puisque nous restons bien entendu dans la profession. Simplement, on va se tourner davantage vers nos propres exploitations. Mais il est certain que les jeunes ne se retrouvent pas dans la politique actuelle. Quand on propose des choses, on met ça sur le coup de l'arrogance, de la jeunesse. On ne nous écoute pas. C'est un vrai gâchis."
Propos recueillis par J.V.
| Mentions légales |   | Connexion |   © Création du site Internet et référencement : Appli-Box