Union viticole. Bruno Matray :

Alors qu'une quinzaine de membres ont envoyé une lettre de démission à l'UVB, le conseil d'administration a décidé de n'accepter aucune défection,
Alors que le bateau UVB tangue et craque de toutes parts, Bruno Matray - en bon capitaine - fait le dos rond et écope en attendant que le grain passe.
En l'espace d'une semaine, pas moins de quinze viticulteurs ont en effet annoncé leur intention de quitter le conseil d'administration de l'Union Viticole du Beaujolais (UVB). Après les membres du Groupe vin des Jeunes agriculteurs, la délégation cantonale du Bois-d'Oingt a décidé de claquer la porte. Mardi, c'était au tour de Thierry Saint-Cyr, secrétaire général, de jeter l'éponge. Un autre membre a également démissionné à titre personnel. Cette vague de départs reflète une fois de plus le malaise qui règne actuellement au sein de la profession.
Conforté par le conseil d'administration, réuni mardi, Bruno Matray a cependant annoncé "ne pas accepter ces démissions". Un courrier a été envoyé à chacun des membres concernés afin qu'ils "redéfinissent leur position en vue du prochain conseil". Une réunion programmée le 25 novembre, à une période où l'actualité sera moins explosive. "Il est hors de question de laisser partir quelqu'un du navire en ce moment" a affirmé Bruno Matray à l'occasion d'une conférence de presse qui s'est déroulée en marge de la réunion de mardi. "C'est le moment où il faut être le plus soudé, marcher en rangs serrés. Ce n'est pas de la provocation. On respecte leurs choix. Mais on verra après la campagne primeur", exprime M. Matray. En clair, les démissions devraient être acceptées... mais plus tard.
Tensions sur l'agrément
Pour l'heure, les responsables viticoles sont plongés dans le marché du négoce, "presque achevé", selon le président de l'UVB. Celui-ci affirme que le cours moyen atteint 143 euros par hectolitre en beaujolais nouveau et 158 en beaujolais-villages nouveau, soit des niveaux à peine inférieurs à l'année 2005. "C'est un marché difficile, mais il est encore trop tôt pour en dresser le bilan", explique Matray.
Quant aux volumes mis en marché, ils avoisinent les 350 000 hectolitres. "Nous sommes en avance de huit jours par rapport à l'an passé. C'est grâce à l'agrément", relève Daniel Bulliat, président de l'amicale des beaujolais-villages. Un agrément qui a joué un rôle très positif selon les responsables viticoles. "C'est un dispositif vecteur de tension. Quand vous avez un contrat d'achat et qu'il y a un refus d'agrément, c'est difficile mentalement", admet Bruno Matray. "Mais il y a peu de refus, car la qualité est présente. On a la volonté de ne laisser passer que les bons vins et on va s'y tenir."
Julien Verchère
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