Michel Mercier exprime son ras-le-bol

Le président du Conseil général s'est emporté vendredi dernier en séance publique alors que des divisions se faisaient jour quant à une prise de majorité du Département dans la future SEM
Les questions liés au vignoble beaujolais n'en finissent plus d'animer les séances du Conseil général. Vendredi dernier, l'ordre du jour prévoyait l'étude du dossier "Grands Terroirs et Signatures" (GTS), société anonyme qui fédère huit caves coopératives de la région, et aujourd'hui contrôlée par celle de Quincié-en-Beaujolais. Il s'agissait vendredi de valider une prise de majorité du Département, dans le cadre d'un passage en société d'économie mixte (SEM). L'objectif pour GTS est de passer un cap, notamment à l'export. Le Département détiendrait plus de 43% du capital, apportant 700.000 euros, tandis que la CCI entrerait dans la société à hauteur de 100.000 euros. Le projet prévoit également le retrait des partenaires publics, majoritaires, au bout de cinq ans. Absent du directoire, Conseil général et CCI seraient par contre majoritaires au Conseil de surveillance.
C'est sur la base de ce projet présenté par Paul Delorme, rapporteur, qu'un débat animé s'est engagé entre élus du Beaujolais val de Saône. Là où Charles Bréchard et Frédéric Miguet défendaient "un projet d'envergure et d'avenir", Bernard Fialaire et Daniel Pomeret exprimaient de grandes réserves quant à la viabilité de la structure, la SA actuelle ayant perdu plusieurs centaines de milliers d'euros au cours de ces deux dernières années.
Au sortir d'une joute verbale opposant Charles Bréchard et Bernard Fialaire, visiblement aux antipodes quant à l'appréciation de ce dossier, Michel Mercier, président du Conseil général, a pris la parole pour fustiger le comportement des élus, mais aussi des responsables de la filière viticole : "Vous êtes en train de nous donner l'image de ce qu'est le Beaujolais, (...), J'en ai par-dessus la tête. Chaque fois qu'un dossier émerge, personne n'est d'accord sur rien. Rien, dans ce foutu Beaujolais, ne va jamais" a-t-il déclaré, avant d'ajouter : "On pourrait faire la liste des subventions données aux organismes ces dernières années et regarder le résultat : zéro !" Des propos qui prennent d'autant plus de force que le Département est un partenaire essentiel pour le vignoble, l'assemblée ayant voté un plan d'aides de plus de dix millions d'euros en 2006 pour tenter de relancer l'économie de la filière.
Quelques jours après cette bataille de mots, Bernard Fialaire a tenu à calmer le jeu. "Il ne faut pas exagérer. Sur le fond, tous les élus sont sur la même ligne pour aider le Beaujolais." Mais pour le vice-président du Conseil Général, le dossier présenté ne tenait pas la route. "Il faut être responsable. On ne va pas "balancer" 700.000 euros sans garanties sur la pérennité du projet. On a parfois l'impression que certains dossiers doivent passer coûte que coûte."
La délibération à propos du dossier Grands Terroirs et Signatures a été renvoyé à la rentrée. La tension sera-t-elle retombée?
J.V.
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