Loi Evin : la viticulture interdite d'internet ?


Tel a été le ton du congrès national de la CNAOC qui s'est tenu à Anse en début de semaine. Les dix-sept appellations d'origine contrôlée se sont interrogées sur la validité d'un plan de modernisation de la viticulture dans lequel leur profession se trouverait privée des derniers moyens de communication.
C'est en Beaujolais, au Domaine des douze communes exactement, que s'est tenu le congrès national de la Conféderation nationale des AOC. Un congrès décentralisé qui se tient chaque année dans une région différente et qui, clairement a choisi le Beaujolais par solidarité avec ses viticulteurs "qui ont un vrai enjeu de repositionnement, de construction d'avenir et qui essaient de se recentrer sur leur métier" devait souligner le président Christian Paly.
Les débats ont porté sur deux thématiques importantes : tout d'abord, le plan de modernisation de la viticulture avec l'annonce qui devait être faite par Michel Barnier aux organisations professionnelles et, jeudi, au conseil des ministres.
Le président Paly s'est dit choqué par la problèmatique Vins et société qui prive les viticulteurs d'un précieux outil de communication. "En l'état, nous sommes tout, sauf satisfaits, lançait-il. Le plan de modernisation, est inconcevable sans parler de l'outil internet." Il dénonçait une nouvelle fois la loi Evin "qui a inversé la tradition juridique française". Il expliquait : "Elle interdit tout, sauf ce qui est permis par dérogation." Or, au moment de la promulgation de la loi (1991), on n'en était qu'aux balbutiements de la toile qui n'est pas mentionnée (donc interdite). Pour le président de la CNAOC : "Le préalable indispensable au plan de modernisation de la viticulture est de laisser la possibilité aux viticulteurs de parler de leurs produits et d'introduire Internet dans leurs outils de communication."
Le président Paly comptait sur les services publics pour revoir leur copie : "Ils ont deux jours avant le conseil des ministres", disait-il mardi.
Environnement et qualité
Autre sujet qui a fait débat, le mariage des signes de qualité et des mesures environnementales. Intégrer des pratiques d'ordre environnemental au cahier des charges des AOC... pas si simple ! Une première avancée a été retoquée par le gouvernement. "Le Grenelle de l'environnement est passé par là, notait Christian Paly, l'attente des consommateurs est évidente, nous devons y répondre. Nous aurions pu le faire seuls, dans notre coin, mais nous avons pensé que nous serions plus forts à plusieurs et nous avons invité l'ensemble de nos collègues : laitiers, fromagers, signes de qualité, label rouge, agriculture biologique..." C'est ainsi qu'en fin de réunion a été annoncé la création d'un comité de liaison entre signes de qualité chargé de traiter du problème de fonds.
Michèle Moreau
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