Les vendanges débutent lundi en Beaujolais

Le ban des vendanges a été fixé au 15 septembre pour l'ODG beaujolais/beaujolais-villages, l'ODG crus laissant libre choix à ses viticulteurs. La récolte débute assez tardivement en 2008, promettant de s'étirer jusqu'à mi-octobre. Le volume global, sans doute inférieur à 800 000 hectolitres en raison d'une succession d'accidents climatiques, est d'ores et déjà historiquement faible. Quant à la qualité du millésime, elle reste étroitement liée à la météo des prochaines semaines.
C'est parti pour un mois environ ! Lundi matin, les vignes du Beaujolais vont accueillir les premières grappes de vendangeurs, notamment sur les communes de Lancié, Saint-Etienne-des-Oullières, ou encore Fleurie, où l'on trouve quelques-unes des parcelles les plus précoces de la région. Cinquante mille vendangeurs sont attendus pour l'occasion dans la région.
Le ban des vendanges a en effet été fixé mardi au 15 septembre par l'Organisme de Défense et de Gestion (ODG) beaujolais/beaujolais-villages, l'ODG crus ayant fait le choix de laisser à ses viticulteurs le libre-arbitre dans la date de lancement de récolte. Au regard des derniers millésimes, 2008 ressemble à une année tardive, "mais si on observe les données sur cinquante ans, on est dans la moyenne", fait observer Dominique Capart, président d'Inter Beaujolais. Il n'empêche que les vendanges devraient s'étirer sur un mois, pour s'achever sans doute aux alentours du 15 octobre dans les secteurs les plus hauts perchés. ll y a bien longtemps qu'une telle situation n'avait pas été observée.
Les responsables viticoles ne se mouillent pas trop pour l'heure au moment d'évoquer la qualité du millésime futur. "On note qu'il y a des peaux épaisses et un potentiel de fruit significatif. Mais il est encore trop tôt pour définir les caractéristiques des vins de l'année", estiment-ils. La météo des prochaines semaines s'annonce en fait décisive. Quant aux quantités de raisin, elles s'annoncent faibles, "avec sans doute la plus petite récolte en volume des trente dernières années, encore inférieure à celle de 2003", s'accordent à dire les responsables viticoles, pour lesquels l'arrachage de vignes ne joue qu'à la marge. C'est surtout la nature qui a joué des tours aux vignerons. Une floraison perturbée, une offensive de mildiou impressionnante, des orages de grêle à répétition, voilà qui explique le chiffre de 800 000 hectolitres de production évoqué pour l'ensemble du Beaujolais. "Et encore, on n'atteindra sans doute difficilement cette barre", glisse Gilles Paris, président de l'ODG crus. Pour Daniel Bulliat, président de l'ODG beaujolais/beaujolais-villages, "on aura affaire à un millésime de vignerons, comme c'est souvent le cas lors des années atypiques. Je pense par exemple à 2003. Le viticulteur doit se satisfaire de ce que la nature lui donne et faire avec", exprime-t-il, évoquant en filigrane la question des cours, objet de tensions entre viticulteurs et opérateurs depuis de nombreuses années. "Il faut casser l'image d'un Beaujolais croulant sous les stocks. Ceux-ci ne sont pas importants. ll reste environ 120 000 hectolitres de vin du millésime 2007 toutes appellations confondues dans les caves de la région, soit environ 15 % de la production. C'est faible par rapport à beaucoup d'autres régions. Avec la faible récolte annoncée pour 2008, nos opérateurs auront peut-être des difficultés à trouver des vins", analyse le viticulteur de Beaujeu. Suffisant pour faire rebondir des marchés déprimés ? Beaucoup de viticulteurs restent dubitatifs en Beaujolais à l'évocation d'un tel scénario. "Si on ne retrouve pas des prix rémunérateurs avec une telle situation, c'est qu'on y croit pas assez", coupe Daniel Bulliat. 2008, millésime du retour à la confiance. Certains veulent en tout cas y croire.
Julien Verchère
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