Le ministre Dominique Bussereau rencontre les vignerons

Le ministre de l'Agriculture, Dominique Bussereau, est venu délivrer un message d'espoir. Après une réunion de travail avec la profession, où il a été question de la mise en œuvre prochaine d'un plan de relance, il a réaffirmé le soutien du gouvernement.
Nous ne laisserons pas tomber le Beaujolais, mon intention est de lancer un plan d'avenir dans les semaines à venir et d'aider la profession." Le ministre de l'Agriculture, Dominique Bussereau, en visite en Beaujolais, est venu à Saint-Jean-d'Ardières. S'il n'y a pas fait de déclaration fracassante, s'il n'a pas annoncé de nouvelle enveloppe budgétaire, il a réaffirmé haut et fort son soutien à la viticulture et s'est voulu optimiste. Evoquant ses souvenirs d'étudiant français au Québec, il a relevé la capacité du beaujolais, premier cru novateur à être entré dans le monde des médias.
Ne diabolisons pas le vin
Après un échange à huis-clos au lycée viticole avec les principaux acteurs de la filière viticole, il s'est exprimé en public à la cave coopérative. "Je suis à l'écoute des difficultés de ce cru, moi qui suis de la région de Cognac. La consommation de vin diminue, mais je ne suis pas sûr qu'il faille considérer cela comme un fait acquis. Il ne faut pas diaboliser le vin et éviter cet affrontement stupide entre le monde de la santé et celui du vin. Nous avons mis en place un comité éthique et je ne veux pas que l'on ait de langage anti-vin. La France compte 65 millions d'habitants et il y a dans le vaste monde des marchés auxquels nous devons nous adapter. Ainsi, la Chine, un pays qui n'a pas de culture de vin, se met à s'y intéresser et à en produire."
Le ministre a ensuite évoqué le plan d'avenir dont il venait de voir les grands axes en réunion. "Nous allons travailler sur la compétitivité, redéfinir le cahier des charges, réécrire les décrets, mettre en place une nouvelle segmentation des vins. Les premières propositions sont de trois types : vin de pays, de table, moyen et supérieur. Je n'y suis pas du tout favorable, il y a une maladresse de conception. Il faut que les vins gardent le nom d'AOC et pour les très grands vins trouver une nouvelle appellation qui puisse rester AOC. C'est à la profession d'y travailler."
Favorable à l'arrachage temporaire
Il a ensuite parlé de la restructuration du vignoble. "Après avoir travaillé à celle des caves coopératives (enveloppe de 5 millions d'euros), nous allons travailler à celle du vignoble. Nous avons besoin, a-t-il dit, d'un plan qui permette de regagner les marchés du monde et des instruments de gestion de crise. Je suis tout-à-fait favorable à l'arrachage temporaire, mais pas Bruxelles pour le moment. Je l'ai vécu avec le cognac, a-t-il noté. Cela a permis d'adapter l'offre à la demande. La consommation est redevenue importante. Nous sommes dans un moment où nous manquons de vin." Le ministre a aussi évoqué un modèle de reconversion qualitative, jouant sur les densités de plantation.
Pour aider les agriculteurs en difficulté, il a parlé de report de charges, de foncier non bâti, de pré-retraite, "tout cela pour aider ceux qui souffrent et les aider à gagner des parts de marché".
Le ministre a terminé son allocution par un message d'espoir en jurant que : "Ce ne serait pas qu'un effet d'annonce".
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