La Sicarex à la croisée des chemins

Confrontée comme l'ensemble des opérateurs à la crise, l'organisme de recherche viti-vinicole espère trouver des ressources auprès de la profession pour mener à bien un programme d'études ambitieux.
Organisme chargé de la recherche viti-vinicole en Beaujolais, la Sicarex a organisé lundi au château de l'Eclair de Liergues un après-midi d'échange entre la douzaine de techniciens du réseau beaujolais et de nombreux professionnels de la vigne (exploitants, professeurs...). Un préambule "pratique" à l'assemblée générale, autour de stands dédiés au matériel végétal ou à l'oenologie. Une façon d'aborder verre en main les dernières avancées des études en cours. Cette innovation a été bien perçue par les professionnels de la vigne. "C'est intéressant dans la mesure où l'on peut croiser la recherche pure et dure avec notre expérience du terrain, deux univers qu'il n'est pas toujours possible de rapprocher", exprime Olivier Bérerd, viticulteur au Perréon et représentant des Vignerons Indépendants. "On a besoin de ce dialogue avec les viticulteurs, qui peut permettre de cibler précisément notre action, ou de réorientrer certaines recherches par exemple", délivre pour sa part Pierre David, secrétaire de l'association. L'après-midi s'est poursuivi avec l'assemblée générale statutaire, au cours de laquelle le président Dominique Piron a détaillé les trois thèmes qui conduisent actuellement les travaux de la Sicarex. "A commencer par toutes les variations autour du gamay, l'exploration des possibilités de ce cépage afin de s'adapter au lieu, au type de vendanges", a indiqué le président, avant d'enchaîner sur un deuxième axe : "Il est essentiel de régler les problèmes de pureté et de netteté des vins, qui se dégradent parfois au bout d'un ou deux ans. On travaille sur un cépage fragile, mais il faut tendre vers le zéro défaut". Troisième thème : l'élaboration de vins dits de garde. "On doit aller vers des vins plus structurés. Autant de buts recherchés qui exigent des budgets conséquents."
Incertitudes financières
Confrontée comme tous les opérateurs à la chute des cours, la Sicarex a vu également vu fondre les bénéfices tirés de  l'exploitation du domaine expérimental du château de l'Eclair. Elle envisage donc de s'appuyer davantage sur la commercialisation des vins de son domaine. "La vocation première du domaine reste l'expérimentation et la rentabilité n'est pas un objectif en soi", a rappelé en substance Pierre David lors de selon compte-rendu moral. "Toutefois, dans un marché du vin fortement déprimé, il a été décidé d'augmenter la part de vente en bouteilles de un tiers actuellement à un objectif de deux tiers en 2006", a-t-il ajouté. Face à la crise, la Sicarex cherche à maintenir la recherche à flot, souhaitant une plus grande implication de la profession. "Une taxe parafiscale modérée, de l'ordre de dix centimes d'euros par hectolitre, permettrait de faire remonter le taux de recherche/développement très faible de notre filière", pouvait-on lire dans le rapport d'activité de la Sicarex. Une façon de souligner que la sortie de crise passe aussi par une expérimentation accrue.
Julien Verchère
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