Elections à l’UVB : un duel Pierre Deshayes - Bruno Matray

C’est finalement l’ancien président des beaujolais-villages qui va solliciter la présidence de l’Union viticole face à Bruno Matray, mardi prochain.
Un duel Pierre Deshayes - Bruno Matray : c’est l’ultime rebondissement proposé aux 72 votants du conseil d’administration de l’Union viticole, prêts à se doter d’un nouveau président mardi 24. Si Bruno Matray avait fait connaître depuis longtemps sa volonté de briguer le poste depuis le mois d’août, au nom des “contestataires” (ou ex-”Beaujolais tous ensemble”), la candidature de Pierre Deshayes est le fruit de l’échec des négociations entre les deux parties.
“Si nous sommes ici, aujourd’hui, c’est que nous n’avons pas pu obtenir de réponse favorable de Bruno Matray, expliquait mardi Ghislain de Longevialle lors d’un point presse. Nous lui avons proposé la semaine dernière d’aller dans le sens de l’unité pour retrouver la sérénité du vignoble. Il s’agissait de lui laisser la présidence de l’Union viticole, tandis que je prendrais celle de l’Inter. Il a dit rester sur ses positions et vouloir les deux. Sans cela, Pierre Deshayes ne serait pas candidat.”
Côté Matray, l’analyse n’est pas du tout la même. “Ghislain de Longevialle et Pierre Deshayes n’ont pas souhaité d’ouverture ; la seule proposition qu’ils ont émise était d’avoir un bureau composé de 14 membres de l’équipe sortante et trois membres fédérés par notre projet. L’unité ne pouvait être réalisée avec un tel déséquilibre et nous avons suggéré un projet de liste d’ouverture composé avec une vraie pluralité”. Un texte adressé par courrier à tous les membres du CA, avec copie de la liste proposée, où Matray figurait comme président et où le bureau comporte des membres des deux camps à égalité.
Outre le poste de président, le CA devra également désigner un nouveau secrétaire général ainsi que trois membres du bureau, en lieu et place de trois anciens représentants des villages, non réélus en décembre.
Mais, au-delà de la présidence de l’UVB, celle d’Interbeaujolais a pesé lourd dans la balance. Des “circonstances exceptionnelles”, ont amené la production à laisser la présidence au négoce au printemps dernier. Il semblerait toutefois que Michel Bosse-Platière puisse laisser la production récupérer la présidence fin janvier, voire en juillet. Et, après avoir longuement hésité entre UVB et Inter, Ghislain de Longevialle brigue finalement ce poste qui aurait dû lui échoir l’an dernier, alors que Bruno Matray souhaite voir Sylvain Rosier prendre ce poste. “Nous souhaitons que le Beaujolais soit géré par une majorité large, et nous travaillons sur un projet global qui nécessite une majorité dans chaque instance. C’était le cas dans les villages avec Daniel Bulliat, on souhaite que ce soit le cas à l’UVB et à l’Inter, si ce n’est pas le cas notre projet ne pourra pas aboutir”, notent les trois hommes en chœur.
Après une vacance de pouvoir de près de six mois, l’Union viticole va-t-elle retrouver sa sérénité ? Rien n’est encore vraiment sûr. Tout d’abord (voir ci-dessous), une éventuelle victoire de Bruno Matray ne serait pas nécessairement accompagnée d’un renouvellement du bureau : il faudra pour cela que les quinze membres en place démissionnent. Ensuite, une victoire de Pierre Deshayes, comporterait tout à la fois un aspect symbolique et un point d’interrogation. La crise a débuté en juin dernier lorsque les beaujolais-villages, qu’il prédisait, ont fixé leur rendement à 52 hl/ha, provoquant la colère d’une partie des adhérents. Son accession aux affaires suffirait-elle à calmer les esprits ? Enfin, Michel Mercier, prêt à aider le Beaujolais à hauteur de 10,5 Millions d’euros, avait fait connaître aux deux camps sa volonté de voir l’union se réaliser dans le vignoble... Peut-être ressortira-t-elle de la salle des fresques du “210” mardi matin.
D.B. et M.M.
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