Elections à l'UVB : Bruno Matray partage la victoire

Bruno Matray a été élu président de l'Union viticole mardi par une voix d'écart face à Pierre Deshayes. Mais il a dû composer avec les sortants pour la présidence d'Interbeaujolais et c'est finalement Ghislain de Longevialle qui devrait en prendre la présidence lundi. Avec un bureau
35 voix pour Matray, 34 voix pour Deshayes, 3 bulletins nuls : le conseil d'administration a longtemps retenu son souffle avant de connaître le nouvel homme fort du Beaujolais, dans la pénombre d'une salle des fresques où s'est jouée une véritable partie d'échecs.
Six mois pratiquement jour pour jour après la manifestation des viticulteurs en colère et une arrivée savamment orchestrée sur le devant de la scène, Bruno Matray a remporté la bataille des urnes. Si cette victoire concrétise un réel mouvement de fond au sein du vignoble, elle ne donne pas à l'homme de Fleurie la majorité nécessaire pour aborder en toute sérénité la suite des événements.
La première tâche de Matray sera de fédérer un attelage improbable sur le papier, mais que l'urgence de la situation devrait néanmoins obliger à travailler dans le même sens. Autant de raisons qui ont poussé le nouveau numéro un de l'UVB à prononcer un premier discours tout en retenue. "On sort d'une matinée difficile, où on a dû trouver une solution pour que le Beaujolais continue à travailler. Cela ne s'annonce pas facile, comme à chaque fois qu'il y a compromis, mais on doit donner la chance à cette nouvelle équipe de se projeter vers l'avant", a déclaré mardi matin Bruno Matray, avant d'en venir rapidement aux chantiers prioritaires. "L'essentiel est de redévelopper notre image, en ayant le courage de prendre certaines décisions, notamment sur la hiérarchisation des appellations, ou encore l'agrément. Le tout en trouvant des solutions pour que les viticulteurs en difficulté soient accompagnés, pour, par exemple, rebondir dans une autre profession", a-t-il souligné.
Une ambiance tendue
Pourtant, malgré les discours de circonstance et les appels à l'union, la situation est encore très tendue entre les deux camps, dont aucun ne semble véritablement satisfait. "Le sentiment est très mitigé, nos partisans sont déçus", lançait un Daniel Bulliat particulièrement remonté après l'élection.
Car l'élection ne s'est pas déroulée sans négociations, ni compromis. Matray élu, le bureau des sortants s'est réuni pour décider de la suite, à savoir le poste de secrétaire général, les remplacements des postes vacants au bureau et, surtout, l'identité du futur président de l'Inter. Et, malgré son élection, Matray était en nette minorité. Sur la présidence de l'Inter, le nom de Ghislain de Longevialle était donc avancé, plutôt que celui de Sylvain Rosier, soutenu par Matray. Selon nos informations, le négoce n'aurait pas été très "chaud" à l'idée de laisser la présidence de l'Inter à cet ancien directeur national du groupe de radio NRJ, entré en viticulture voilà peu.
"Oui, ces rumeurs ont circulé, notent ses partisans. Pourtant, c'est l'homme de la situation en matière de communication."
Beau joueur, quoique visiblement déçu, Sylvain Rosier a évoqué un "scénario satisfaisant", non sans mettre une certaine pression sur Ghislain de Lonevialle, finalement promis à l'Inter : "Le vignoble a besoin de compétences, d'énergie, j'espère que Ghislain saura l'incarner...". L'intéressé s'est empressé de rassurer le bureau sur sa volonté d'œuvrer en équipe : "On peut traduire cette élection comme une unité professionnelle, qui devra s'exprimer demain dans l'action. Je suis déterminé à oeuvrer pour donner toute sa place à la viticulture à l'Inter, à travers une action offensive. Je tiendrai compte des messages qui me sont adressés".
Mercier veut un programme
Les présidences étant attribuées, restait à compléter les listes à l'UVB. Les deux camps sont finalement tombés d'accord sur le nom de Thierry Saint-Cyr pour le secrétariat général, alors que Sylvain Rosier, Ghislain de Longevialle et Hervé Longevay étaient nommés membres du bureau de l'UVB. Enfin, il était acquis que Sylvain Rosier remplacerait Thierry Saint-Cyr à l'Inter.
Devant la presse, les leaders appellent désormais à œuvrer dans le même sens. Qu'en sera-t-il vraiment ? Matray et de Longevialle s'entendront-ils sur les grandes orientations, Bruno Matray disposera-t-il d'une réelle marge de manœuvre au sein d'un bureau où il est encore minoritaire?
Des questions auxquelles un premier bureau, réuni le jour où ces lignes paraîtront, devra trouver des réponses rapides. En effet, Michel Mercier l'a encore rappelé récemment, il attend l'unité de la part du Beaujolais avant de verser 10,5 millions d'euros d'aides. "Et un vrai programme. Répartir entre arrachage et promotion, ça n'en est pas un !" Le Beaujolais est prévenu. Il doit rencontrer le président du Conseil général dans les prochains jours.
D.B. et J.V.
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