Crise viticole : l’Etat publie un plan stratégique pour le Beaujolais

Hier, un émissaire du ministère de l’Agriculture est venu finaliser les grandes lignes d’un plan stratégique d’aide au Beaujolais qui s’inscrit dans le cadre des réformes voulues par l’Union viticole et des souhaits du Conseil général.
Sur le fond, ce n’est pas une révolution, mais le signe fort que le Gouvernement a décidé de prendre les choses en main pour remettre la viticulture française sur les rails du succès. Le 29 mars dernier, le ministre de l’Agriculture, Dominique Bussereau, présentait un plan d’action stratégique, accompagné d’aides diverses pour un montant de 90 millions d’euros, à répartir entre régions viticoles françaises, le Bordelais et le Languedoc en attirant l’essentiel.
Mercredi, un ingénieur général du ministère, Alain Bolio, est venu à Villefranche pour finaliser un plan en faveur du Beaujolais avec les représentants du vignoble. Le résultat de trois mois de discussions.
Un plan qui reprend et met en perspective les grandes réformes annoncées ces dernières semaines, parmi “quatre axes de travail, onze objectifs et trente-deux actions”, selon le sous-préfet de Villefranche, Bernard Guérin.
Au premier rang des objectifs, on notera la nécessaire refonte de l’offre, ou hiérarchisation, telle que voulue par Bruno Matray, président de l’UVB, avec création de grands crus, de premiers crus et introduction de la notion de cépage.
Vient ensuite, la volonté d’augmenter la qualité, en favorisant des investissements qualitatifs. “On peut imaginer des contrats passés avec les viticulteurs et des habilitations à produire”, soutient Bernard Guérin.
Dans le même ordre d’idées, le retour d’un PLC individuel paraît probable, alors que l’on réfléchit à nouveau à une gestion des stocks sur plusieurs années. A suivre...
Mais l’effort devrait surtout porter sur la commercialisation voulue “collective à l’export.” Un dossier sur lequel le sous-préfet a déjà avancé en présentant récemment l’idée d’un “cluster”. Ce néologisme recouvre en fait une structure qui serait portée par l’Inter, et qui aurait pour objectif de prospecter des marchés qui regrouperaient plusieurs opérateurs (négociants, caves coopératives, indépendants...), dans le but d’augmenter les volumes, mais aussi de réduire les coûts.
Ce groupe regroupant toute la filière pourrait aussi avoir un rôle de centrale d’achat auprès des fournisseurs, d’interlocuteur... “Avec une taille moyenne de 7,9 ha, les exploitations locales ne peuvent lutter dans la mondialisation, l’individualisme et la concurrence finissent par tuer les participants. Il faut raisonner collectivement, c’est ce que font les pays nouveaux en matière de vin.”
Enfin, un dernier axe concerne la gestion de la filière, notamment la place renforcée de l’Interprofession, et sur la formation de ceux qui quittent le métier, comme de ceux qui y restent.
Reste le financement. Là-dessus, ce plan ne devrait pas spectaculairement changer la donne alors que le Beaujolais vient d’obtenir 10,5 millions d’euros du Département. Mais il devrait pouvoir permettre de capter une partie des 90  millions d’aides promises par l’Etat. Sur ce total, Bruno Matray disait espérer 2,5 millions d’euros comme en 2005 (notre édition précédente). “Ce devrait être beaucoup mieux, déjà un cluster, c’est entre 600 000 et 1 million d’euros”, note Bernard Guérin, qui n’exclut pas pour autant de trouver de nouveaux financeurs, comme la Région. Ce sera la phase suivante de ce plan.
D.B.
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