Cave de Liergues :

Si la récolte est quasiment achevée, les vendanges sont encore loin d'être terminées à la cave des vignerons de Liergues. Après le ballet des tracteurs sur le quai de déchargement, le tourbillon se poursuit dans les cuveries, où l'on travaille presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Peu à peu, le flot des tracteurs naviguant en direction de la cave de Liergues se tarit. De 415 tonnes par jour au plus fort de la récolte, il y a une dizaine de jours, le volume de raisin s'est abaissé à moins de 100 tonnes quotidiennes. "Il y a douze jours intenses sur le quai de déchargement, mais on a l'habitude de traîner en longueur, et on nous amène du raisin pendant 18 ou 19 jours au total", explique Philippe Jacquemin, homme "multi-fonctions" qui assure des tâches commerciales (vente bouteilles), administratives, mais aussi de communication au sein de la cave. Sept à huit personnes s'activaient sur le quai il y a encore une semaine. Elles ne sont plus que deux aujourd'hui. Cela ne signifie pas que les vendanges sont terminées, loin de là.
La suite se déroule plus à l'abri des regards, dans les multiples cuveries où l'on peut lire l'histoire d'une cave édifiée en 1929. "C'est l'une des plus vieilles, si ce n'est la plus ancienne, des coopératives du Beaujolais", relève Philippe Jacquemin. Agrandie à de nombreuses reprises, "en 1952, 64, 68, 85 et 2005", précise encore l'homme, elle regroupe la production de 560 hectares, dont une vingtaine en chardonnay. Une centaine d'exploitants y amènent leur vendange. La capacité de la cave avoisine les 60 000 hectolitres, pour une production annuelle de 33 ou 34 000 hectolitres.
Dans la cuverie, une quinzaine de personnes s'activent sous la responsabilité de Jean-Philippe Hanchin, maître de chais. Près des deux tiers sont des habitués, disposant d'une bonne connaissance de la cave.
Avec les années, celle-ci s'est étoffée jusqu'à disposer aujourd'hui d'une palette élargie de cuves, petites ou grandes, simples ou bourrées de technologie. "Nous pouvons désormais nous adapter à la demande, vinifier par domaine, séparer les terroirs... Tout est possible", relève M. Hanchin, pour qui le travail de gestion s'est complexifié. "Pendant les vendanges, il faut sans cesse jongler avec les maturités, les quantités, le type de parcelles...".
Le tout avec en arrière-plan la perspective du beaujolais nouveau. "Pour nous, les vendanges se terminent le troisième jeudi de novembre, avec la sortie du beaujolais nouveau", exprime Jean-Philippe Hanchin. Une façon de dire que l'acti vité fiévreuse qui règne actuellement ne retombera pas avant le déblocage du primeur. "C'est chaque année un véritable défi. Dès la récolte, il faut voir loin, aller vite, et surtout ne pas se louper", ajoute-t-il. Voilà pourquoi à la cave de Liergues, les hommes et les machines tournent à plein régime, vingt quatre heures sur vingt quatre.
J.V.
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