Cave de Fleurie : "Les viticulteurs ont fait d'énormes efforts"

Alors que la récolte est en passe de s'achever, la cave coopérative loue le comportement des viticulteurs adhérents.
Sur le quai de la cave des grands vins de Fleurie, au cœur du village, les tracteurs se succèdent sous les yeux de quelques touristes tout heureux de capturer les images de cette scène "pittoresque". La carte postale s'arrête là. Car le millésime 2008, c'est tout sauf des vacances.
Avant de vider les bacs à vendanges remplis de raisins noirs, les viticulteurs ont dû fournir des efforts considérables pour préserver (en partie) une récolte que le ciel a longtemps menacée.
Mildiou, grêle, épisodes pluvieux intenses, les pépins n'ont pas épargné les coopérateurs fleuriatons, comme dans bon nombre de secteurs du Beaujolais.
Pour autant, l'essentiel est sauf selon Audrey Braccini, responsable technique à la cave de Fleurie. "Les vignerons ont pour la plupart fourni des efforts extraordinaires en matière de tri de la vendange. Il y a eu une réelle prise de conscience depuis 2005", se félicite la jeune femme. "Il existe également un dispositif important d'observation de la vendange qui arrive sur le quai. On n'hésite pas à trier à nouveau devant la cave si nécessaire." Elle ne cache pas que quelques bacs ont dû être refusés, la mort dans l'âme. "On ne fait jamais ça avec plaisir, mais nous sommes obligés d'être très exigeants en terme de qualité pour répondre à la demande, même quand l'année n'est pas évidente à la vigne comme à la cave", explique Audrey Braccini.
Rendements disparates
Depuis le 15 septembre et l'ouverture de la cave, les viticulteurs ont visiblement plutôt bien joué le jeu, avec un soleil de dernière minute comme atout dans la manche. "C'est un facteur très important", confirme la technicienne, qui parie sur des vins fruités, avec de jolis arômes. "Mais il est évident qu'on ne fera pas de 2008 un millésime de garde", avoue-t-elle. Pour tenter d'exploiter au mieux le potentiel de l'année, la cave a investi plus tôt que prévu dans un égrappoir, instrument au service de vins souples.
S'il est encore trop tôt pour dresser un bilan chiffré de la production 2008 à la cave de Fleurie, nul doute que l'on n'atteindra pas les 21 000 hectolitres de moyenne annuelle (65 à 70 % en appellation fleurie). "Les rendements sont disparates selon les exploitations, variant de 20 à 50 hectolitres par hectare. Le volume total oscillera sans doute entre 2003 et 2005", note Audrey Braccini.
A la cave de Fleurie, la fin du ballet des vendanges est prévue pour les premiers jours d'octobre.
Julien Verchère
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