Aides au Beaujolais. Bruno Matray :

L'aide du Conseil général entérinée,Bruno Matray précise l'usage qui
en sera fait et revient sur son projetde hiérarchisation de la gamme,
dans la lignée d'une réflexion nationale.
Le Patriote : Sans surprise, le Département a voté l'aide de 10,5 millions d'euros que vous attendiez...
Bruno Matray : "Oui, c'est conforme à ce que nous avions discuté et nous sommes très satisfaits puisque c'est une aide significative sur trois ans, qui nous donne les moyens d'être offensifs. Tout d'abord en permettant l'arrachage, à hauteur de 5,5 millions d'euros."
Quelles en seront les conditions ?
"Pour les arrachages effectués en 2005 et 2006, l'aide sera de 10 000 euros/ ha. De 8 000 euros en 2007, c'est donc une incitation à aller vite. Les parcelles devront répondre aux critères de l'Onivins et à ceux du Conseil général, concernant les terrains constructibles, pour éviter des spéculations foncières. Des demandes concernant 500 ha sont déjà déposées, surtout dans le Sud du Beaujolais, et nous comptons arriver à 3 000, même si nous sommes un peu en retard. Tout en encourageant l'arrachage dans les zones les moins qualitatives et en favorisant l'échange. Les mairies, les syndicats cantonaux auront un rôle à jouer."
Michel Mercier a conditionné cette aide à un investissement égal de la viticulture...
"Sur les 10 000 euros de prime, 6 300 seront versés par l'Onivins et 3 700 à égalité par le Département et l'Interprofession, qui bénéficie d'un emprunt cautionné par l'Etat. Un dispositif créé à la demande de Michel Mercier."
Et les aides à la commercialisation ?
"Elle ne sont pas encore ciblées, on sait que le Département veut participer au "cluster" proposé par le sous-préfet. Pour le reste, on compte travailler sur des opérations de communication offensives, l'aide portera sur des projets précis. En juin, je pense que l'on aura une idée plus précise des orientations."
En même temps, le gouvernement annonce une aide nationale de 90 M d'euros...
"Cette aide va se répartir en prêts de consolidation, allègement des charges ou encore au financement des diagnostics d'exploitation que nous mettons en place. D'ailleurs, si des exploitants souhaitent faire appel à ce dispositif, ils peuvent déjà se faire connaître auprès de l'UVB. Ensuite, le plan national prévoit la distillation de 4 millions d'hectolitres, dont 2 millions en AOC."
Combien espérez-vous recevoir sur les 90 millions ?
"J'espère que nous pourrons au moins reconduire les aides du guichet unique de 2005 (soit environ 2,5 millions d'euros, ndlr)."
Ce plan prévoit de revoir l'offre des appellations françaises. Ça renvoit à votre projet de refonte de la hiérarchisation. Où en êtes-vous de cette réflexion ?
"Notre offre est sans doute trop compliquée à l'export. C'est pour cela que nous réfléchissons à créer ces grands crus qui auraient des conditions de productions très strictes et qui seraient soumis à agrément chaque année. Ça ne concernerait que 100 ou 150 ha, vraiment la crème de la crème, mais ouvert à tout le Beaujolais. Quant aux premiers crus, je reste prudent dessus. Les crus restent les crus, mais on pourrait faire une appellation commune en direction des pays émergents qui permettrait de simplifier l'offre et d'augmenter les volumes disponibles pour le négoce. L'appellation gamay beaujolais serait aussi utilisée pour ces pays émergents."
Quel accueil la base réserve à ces propositions ?
"A la fédération des crus, le début de la présentation a montré quelques réactions épidermiques. Mais, après explication, chacun conçoit que l'on ne peut continuer comme ça. Nous poursuivons le tour des familles. On aura une idée plus claire pour l'AG de l'Union viticole le 27 avril."
Recueilli par D.B.
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