Aide aux viticulteurs : premier bilan


Prévi, la plate-forme d'accueil, d'orientation, d'accompagnement et d'aide à la reconversion destinée aux viticulteurs en difficulté située aux Grands Moulins à Gleizé, a accueilli, depuis son ouverture, près de deux cent trente personnes pour une moyenne de trois entretiens par personne.
Prévi, portée par la Maison de l'emploi, a vu le jour en janvier 2007 et a pour mission d'apporter une réponse adaptée à la situation de crise qui touche une partie du territoire Beaujolais et pouvant entraîner des conséquences dramatiques sur la survie même des exploitations.
"Sur les deux cent trente viticulteurs qui ont sollicité notre aide, cent quarante sont concernés par une recherche d'activité supplémentaire" précise Jacques Montoloy, conseiller à Prévi : transports, jardinage, manutention, sont les types de travaux effectués par les viticulteurs pour compléter leur activité. "Près d'une soixantaine ont décidé d'arrêter définitivement leur exploitation mais parfois, certains peuvent revenir sur leurs décisions, donc ce chiffre est variable" complète Jacques Montoloy. La décision est difficile à prendre, et les conseillers de Prévi sont là pour les aider à trouver une solution. "En aucun cas nous intervenons dans leur choix définitif" souligne Caroline Gambert, conseillère à Prévi. Il ne s'agit pas de répondre de manière ponctuelle à un problème, mais de mettre en oeuvre une réponse globale prenant en compte les facteurs sociaux, techniques et économiques de l'exploitation. "Tous les viticulteurs ont montré leur attachement à leur métier, et la reconversion entreprise n'est pas qu'une question de revenus mais aussi de dignité" fait remarquer Jacques Montoloy. "Le devenir des vignes, prendre en compte la situation économique, rompre avec ses habitudes, aller travailler ailleurs, parfois à Lyon dans une grosse boîte, tous ces paramètres induisent une réflexion menée avec le viticulteur en difficulté". Beaucoup d'entr'eux n'ont pas vendu leur récolte 2007, et d'après le conseiller les exploitations ne rapportent plus de revenus, c'est la ressource extérieure qui finance l'exploitation ou alors il y a cumul de dettes. "Et pour ceux qui veulent s'en sortir, il faut se bouger, acquérir une formation commerciale, savoir utiliser internet, constituer ses réseaux, bref gérer son exploitation comme une entreprise", expliquent les conseillers Prévi. Dans le cheminement de la réflexion il y a aussi les questionnements qui peuvent rentrer en ligne de compte   "comment je me différencie des autres, que faire pour améliorer d'année en année chaque cuvée" mais cette démarche de remise en cause  demande aussi un éclairage" complètent les conseillers Prévi.
Une aide à la réflexion qui est aussi l'un des rôles de Prévi. Une pleiade de facteurs rentrent donc en ligne de compte  dans cette période de mutation que connaît le Beaujolais. "La solidarité serait de mise" souligne Caroline Gambert, "du matériel pourrait-être acheté et utilisé en commun, cela permettrait aux viticulteurs d'économiser". Toutes les pistes sont bonnes à exploiter pour faire en sorte que les viticulteurs ne lâchent pas, mais depuis 2001 cette "mutation" que connaît le beaujolais a toujours cafouillé avec des années moins mauvaises que les autres mais d'une façon générale cela ne s'améliore pas. "Certains viticulteurs pensaient que les "bons" resteraient et les "mauvais" seraient écartés mais ce n'est pas le cas. Cette crise touche tout le monde d'une façon ou d'une autre et Prévi aide à faire un diagnostic pour ceux qui sont le plus en difficulté avec à l'appui un bilan de compétences, "cela permet de réfléchir tranquillement avec la personne" souligne Caroline Gombert. "Notre rôle, c'est de faire savoir aux viticulteurs qui viennent nous voir qu'il existe toujours des solutions". Après l'écoute confidentielle, le diagnostic, les souhaits émis par la personne, plusieurs pistes s'avèrent possibles selon la situation : accompagnement à la mise en oeuvre d'un projet, aide pour recherches de financement de formation, repérage des secteurs d'embauche. Un travail affiné avec les partenaires  signataires de la charte Prévi comme et entre autres l'ANPE, la MSA, Solidarité Paysans, l'Etat, la CAVIL, l'UVB, l'Adeasa du Rhône.
Laurence Chopart
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