Une chambre de commerce unique en Beaujolais ?

La CCI de Villefranche propose de ramener Tarare et sa région - qui dépendent de Lyon -, sous son giron. Lyon - en riposte ? - veut englober Villefranche, Roanne, Saint-Etienne, Bourg... Le point.
Quel périmètre pour la chambre de commerce de Villefranche ? C'est bien toute le problème qui se pose actuellement alors que le ministère de l'Industrie a lancé une réforme des territoires des organismes consulaires. Consultées au sein de leur organisme régional, les CCI ont rendu leurs propositions. Noël Comte, président de la CCIVB, a ainsi proposé que les cantons de Tarare, Thizy, Amplepluis et Lamure, qui dépendent actuellement de Lyon, soient rattachés à Villefranche. Mais la CCI de Lyon, elle, propose que son périmètre soit étendu à celui de la région urbaine de Lyon (RUL), ce qui implique le rattachement de Villefranche, mais aussi du Nord-Isère, de la Plaine de l'Ain, de Roanne, de Bourg-en-Bresse et de Saint-Etienne. Rien moins.
Le 15 juin prochain, l'assemblée générale des chambres de commerce de Rhône Alpes devra choisir entre ces deux projets ou un troisième, celui du statu quo.
Entre temps, on fourbit ses armes à Villefranche. Dans les pages partenaires de notre hebdomadaire, il montait au créneau la semaine dernière pour un appel au "Beaujolais réunifié".
En début de semaine, il revenait sur une proposition qu'il considère de bon sens. "Si une opportunité existe de réunir le territoire, il est de mon devoir de travailler à cette réunification, c'est pour ça que j'ai demandé à l'assemblée générale de la CCIVB de me mandater pour le proposer", annonce-t-il en guise de leitmotiv, s'appuyant sur une logique liées aux institutions. "Actuellement, un entrepreneur de Tarare doit s'adresser à des administrations qui dépendent... de Villefranche, mieux, il envoie des élus consulaires à Lyon mais élit des juges pour le tribunal de commerce de Villefranche-Tarare !"
"Par ailleurs, on parle aujourd'hui de régionalisation, et l'on voit l'émergence de la notion de "pays". Le Pays Beaujolais existe déjà, et c'est une entité qui correspond à l'arrondissement administratif de la sous-préfecture de Villefranche."
Tarare : zone sinistrée
Par ailleurs, le président de la chambre de commerce avance aussi des arguments liés à la situation des entrepreneurs de l'ouest du département au sein de la CCI lyonnaise. "Ils ont quatre élus, si l'on fait une simple péréquation, les 1786 ressortissants des quatre cantons doubleraient leur nombre parmi nous. Je propose même une sur-représentation des zones en difficulté", ajoute Noël Comte en référence à la situation dramatique que connaît l'industrie textile. Concurrencé par l'étranger et notamment par la Chine, le secteur n'en finit pas de perdre des emplois dans le secteur Tarare-Turdin."Il faut mettre les moyens où ils sont nécessaires, nous aidons déjà sur notre secteur les élus locaux à attirer des entreprises chez eux, comme pour des zones d'activités, voire le TechnoPark."
Autre élément clé, la fiscalité des entreprises. "Celle de Lyon, et donc de Tarare est plus faible que la nôtre, mais que les industriels se rassurent, dans le cas d'intégration, ce seront les taux de Villefranche qui baisseront pour rejoindre ceux de Tarare."
Voilà, in fine, des propos qui ressemblent fort à un programme électoral, même si Noël Comte s'en défend. "On nous a simplement demandé de réfléchir à ce que pourrait être la chambre de commerce, nous avons fait des propositions, Lyon également. Maintenant, mon objectif n'est pas une volonté de pouvoir, Lyon veut s'étendre, ce n'est pas la bonne solution pour les ressortissants. Ils veulent conserver Tarare, c'est sans doute qu'ils ont de grands projets pour eux."
Une petite perfidie pour conclure qui fait allusion au peu d'intérêt supposé de Lyon pour sa voisine tararienne et son manque d'investissement. De quoi faire monter la pression avant le vote du 15 juin. Même si, au final, c'est le ministère qui décidera dans ce dossier, ce qui ne pourra pas être fait sans concertation du terrain... Le 3e scénario proposé, le statu quo, ne va-t-il pas l'emporter ?
D.B.
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