Maison d'arrêt : la colère enfle chez les riverains

L'abattage des arbres séparant la prison des maisons les plus proches pour
On se souvient de la spectaculaire double évasion qui a permis à Dragan Mikic et Pascal Gendry de s'échapper de la maison d'arrêt le 15 octobre dernier, grâce à un commando de deux à trois hommes armés qui n'a pas hésité à ouvrir le feu, blessant lourdement un policier de la Bac. Le soir même, le ministre de la Justice, Pascal Clément, réagissait en réclament des aménagements de sécurité dont le système est "manifestement insuffisant" à la maison d'arrêt de Villefranche. On évoquait alors la création d'un glacis de sécurité, éventuellement accompagné d'un grillage, pour séparer l'établissement pénitentiaire de la rue du Grand-Vivier, seulement éloignée d'une quinzaine de mètres. Et éviter ainsi les projections, comme celle qui a sans doute servi à lancer un téléphone portable aux futurs évadés... Mais, lundi matin, c'est une première mesure d'urgence qui a été mis en place : l'abattage d'une vingtaine d'arbres situés sur l'emprise de la prison, côté nord. "Pour que les gardiens puissent voir les gens qui viennent faire des projections par dessus les murs qui étaient jusque là cachés par les arbres. Les gens ne pourront plus approcher à découvert", selon le directeur Jérôme Harnois. Les riverains ne partagent pas cette analyse. "Maintenant, on voit parfaitement la prison depuis nos maisons est inversement", affirme Guy Pouzol, un voisin soucieux à l'idée de se faire insulter par les "locataires". "Ils aiment bien aussi nous aveugler avec les miroirs dont ils se servent entre eux." Mais la crainte principale, c'est de voir les "parloirs sauvages" se développer. "Ils continuent de venir depuis l'évasion, rien n'a changé. Maintenant que les arbres ne sont plus là, le terrain va être parfait. Ils arrivent, montent sur les voitures et hurlent." Des sifflements confirment le phénomène sur le champ. "Et les flics ne peuvent rien faire, on le sait bien, on ne leur en veut pas d'ailleurs, même pour les projections, ils sont obligés de les voir balancer quelque chose, ou de les trouver avec le paquet sur eux." Un grillage pour 2006 Autre critique adressé à cette encombrante voisine, la méthode employée. "On a appris qu'ils allaient couper les arbres par hasard. J'ai envoyé un courrier au directeur dont la réponse m'est parvenue le jour du début de l'abattage ! Sinon, pas de réunion, rien. Ils auraient pu au moins venir nous voir, on aurait pu discuter. On est vraiment en colère." "Et dire que l'on a aidé les policiers le jour de l'évasion, que l'on appelé les secours, on est bien remercié !", terminent les riverains, dépités. Le directeur, lui, met en avant les impératifs de sécurité. "Ces arbres sont sur notre emprise, et, si le problème ne date pas d'hier, il fallait trancher entre l'esthétique et la sécurité. Je le répète, cet abattage va empêcher les projections et les parloirs sauvages. A l'horizon du troisième trimestre 2006, un grillage en bordure de notre emprise va compléter le dispositif. Une réunion se tiendra prochainement sur le sujet avec les riverains." D.B.
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