Le lycée agricole de Mâcon-Davayé se met au bio


L’agriculture biologique n’est pas un phénomène de mode. C’est une pratique saine et écologique de la production agricole. Pour qu’elle s’impose, la formation initiale doit en être le vecteur. Le lycée de Davayé a franchi le pas cette année en cultivant cinq hectares de vignes selon le cahier des charges de ce mode de production.
Si la démarche existe - et là est bien l’essentiel - les parcelles ne sont pas certifiées car la totalité du domaine qui lui sert d’outil pédagogique n’est pas cultivée en agriculture biologique : "Nous avons avant tout un rôle de démonstration, explique Gilles Denis, le chef d’établissement, qui est celui de la comparaison des itinéraires techniques." Cette démonstration repose sur les trois modes de production que sont l’agriculture raisonnée, qui limite le recours aux produits chimiques, l’agriculture biologique, qui les exclus, et le mode intermédiaire qui consiste à travailler le sol sans désherbant. "Notre principal objectif, précise le proviseur, est le respect des terroirs et de l’environnement." Raison pour laquelle la vinification sur le domaine se fait aussi parcelle par parcelle depuis 2004, dans des cuves de petite taille. Pour ce qui concerne la qualité de la vendange, les résultats ont été satisfaisants dans les trois modes. Reste à évaluer l’impact sanitaire et environnemental des modes non biologiques. Mais ceci est une autre affaire, un objectif à plus long terme. Quoiqu’il en soit, M. Denis réaffirme l’objectif d’une conversion bio de l’ensemble du domaine dans les prochaines années.
Dans les cours, l’agriculture biologique est enseignée en tant que technique parmi d’autres : "Suite au Grenelle de l'environnement, des directives du Ministère de l'environnement renforcent sa présence dans les programmes". Une bonne nouvelle qui montre que le Grenelle  a servi à quelque chose.
Côté restauration, le lycée progresse : une fois par trimestre des repas bios sont servis. La difficulté pour un développement plus important étant bien sûr le coût. "Pas seulement, explique le proviseur. Il faut aussi que les productions locales certifiées existent. Il y en a certes, mais pas en quantité suffisante pour assurer des repas réguliers. Or, nous souhaitons sincèrement nous appuyer sur les circuits de distribution les plus courts. La contrainte budgétaire entre en ligne de compte dans le sens où nous n’avons pas le droit d’augmenter les tarifs." L’établissement est encouragé dans cette démarche par le Conseil régional qui chapote l’opération "Bien dans son assiette", opération tournée vers la promotion de l’alimentation équilibrée et issue de productions locales.
Un secteur qui recrute
Le fossé entre l’offre et la demande est considérable. Faisant référence à une étude du CREDOC, Gilles Denis constate que les surfaces agricoles stagnent alors que le nombre de viticulteurs diminue. "Les patrons d’exploitations cherchent des collaborateurs diplômés pour gérer des entreprises qui s’agrandissant. Il faut dire et redire aux jeunes qu’on peut réussir dans ce secteur sans s’installer à son compte. Les métiers et les missions sont diverses et variées." Sur un an, le lycée a reçu cent soixante-dix offres d'emploi et cent quarante offres de stage de toute la France, dans les secteurs de la viticulture, de l'œnologie et du commerce.
Rendez-vous le 26 octobre
Tous les ans, le lycée invite la population à participer à une marche pour accompagner la descente des chèvres de la Roche de Vergisson où elle reste en pâturage pendant l’été. La marche débutera à 9 h 30 samedi 26 octobre. Elle promeut le programme Natura 2000 pour la protection de la flore et participe de l’animation du territoire. L’an dernier, elle a rassemblé une centaine de personnes. Avis aux amateurs, rendez-vous à la chèvrerie du lycée.
Rodolphe Bretin
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