Charnay-lès-Mâcon : Bamboo Edition, déjà dix ans !
Il nous fallait un nom avec deux O pour représenter deux yeux", se souvient Henri Jeanfaivre, dit Jenfèvre. "Après un brainstorming arrosé, nous avons choisi “Bamboo”."
Olivier est un fan du magazine Spirou, tendance Gaston Lagaffe. Henri est plutôt Journal de Tintin. Ils se rencontrent sous les drapeaux, au service recrutement de la gendarmerie de Lyon. "On nous demandait de faire le café et de trier le courrier du matin. Pour s’occuper, nous tentions de refaire les blagues des Grosses Têtes en BD. C’était pour tuer le temps, mais on y croyait quand même…", confie le dessinateur.
Premières commandes
La BD titille toujours les bamboos, comme on appelle alors les deux amis. Ils démarchent les éditeurs de presse avec un certain succès. Les mensuels VTT Mag et Echappement leur commandent une série de gags en une planche. Pour Echappement, publication spécialisée en sport automobile, Albert Linette et André Chapment déboulent de l’imagination des bamboos. Leurs blagues au parfum d’asphalte seront recueillies en album sous le titre "J’t’enrhume" par les éditions la Sirène. Un premier pas dans le monde de l’édition qui laisse un souvenir mitigé à Olivier : "Ça m’a surtout donné l’envie d’éditer moi-même des bandes dessinées." Voilà une idée qui tombe à point nommée. Bamboo Grafic s’installe dans une petite boutique de la rue de la Coupée à Charnay-lès-Mâcon, Bamboo Edition peut entrer en scène.
Le Forrest Gump
de la BD
Olivier Sulpice est monté sur ressorts ! Il se marie en juillet 1997, déménage quinze jours après et lance Bamboo Edition en octobre : "J’étais le Forrest Gump de l’édition. Fort de mes études de commerce et de quelques connaissances techniques, j’étais en fait très naïf…". Parmi les premières leçons reçues par l’éditeur en herbe, être toujours vigilant sur la qualité d’un livre. En effet," Le Grand Bêtisier des déclarations d’accident" est la première production portant le logo Bamboo. Mais il souffre d’un grave défaut de fabrication, les pages se décousent. Résultat, dix mille exemplaires à réimprimer d’urgence.
L’idée de ce grand bêtisier illustré par Jenfèvre a été soufflée par l’assureur de Bamboo Grafic. D’ailleurs, une partie de la production est vendue directement à une compagnie d’assurance qui l’offre à ses employés. Pour trouver ce genre de débouchés atypiques, le côté Forrest Gump d’Olivier fait des merveilles : "J’allais au culot là où d’autres professionnels n’imaginaient même pas pouvoir entrer." Ainsi, début 1998, l’éditeur réussi à commercialiser la série "Les Footmaniacs" dans la chaîne de magasins Décathlon. L’approche d’une certaine coupe du monde n’est sans doute pas étrangère à ce "bon coup". N’empêche qu’aucun des mammouths de l’édition BD n’avait pu s’installer dans les rayons de l’enseigne. La jeune pousse prend racine là où on ne l’attend pas.
Perspectives
Une demi-douzaine de séries Bamboo ont fait l’objet de pilotes pour d’éventuels programmes télé. Dans ce domaine, le chemin est toujours très long et semé d’embûches. Plus avancée, une adaptation des "Profs" en jeux vidéo se précise. La société Bamboo est maintenant structurée de telle sorte qu’elle peut comprendre un pôle de production audiovisuelle ou multimédia. "Dans les deux ou trois années à venir, c’est là qu’une grande partie de la croissance se fera", imagine le chef d’entreprise.
A noter, la sortie des "Toubibs best of 10 ans" le 13 août, de "L’Heure de la sortie" tome 1 le 20 août, des "Golfeurs" tome 1 le 20 août et des "Profs" tome 11 le 27 août.
R.B.






