Le stationnement place de la Sous-Préfecture, c'est fini

La fermeture du parking sous-préfecture depuis lundi passe mal parmi les riverains qui n'adhèrent pas (encore ?) au stationnement souterrain.
Cette fois, c'est bien terminé : les 130 places du parking de la Sous-Préfecture ont été définitivement fermées au public lundi matin. Une moitié de la place était certes déjà livrée depuis longtemps aux pelleteuses qui vont transformer l'endroit en lieu de déambulation ombragé, mais la disparition du côté est, a un côté éminemment symbolique. L'endroit fut un sujet de polémique entre les commerçants du quartier, inquiets de la disparition du stationnement pour leur clientèle, et la mairie, qui fit quelques concessions. La création du parc en bordure des jardins de la mairie répondait à cette attente. Mais l'argument principal de la municipalité résidait dans la proximité des parcs souterrains Chasset et Boiron. Ce dernier a été inauguré voilà deux semaines, avec quelques années de retard. Dans la foulée, la mairie a supprimé les places de surface. Pour quel bilan immédiat ?
Sur le plan psychologique, l'affaire n'est pas dans le sac. Il suffit d'interroger les passants qui jettent un œil circonspect sur la place, fermée et la perspective d'avoir un poumon vert au cœur de la ville. "C'est une idiotie", lancent Andrée et Charles, habitants du quartier. "Des jardins il y en a déjà juste à côté, à la mairie. Ceux-là ne serviront qu'aux gens qui travaillent dans le quartier et qui veulent déjeuner." Et les parking souterrains ? Comme beaucoup de personnes âgées interrogées, Andrée affirme "qu'elle n'y mettra jamais les pieds. J'ai peur d'être agressée malgré les caméras."
Y a-t-il, dès lors, risque de voir les clients déserter le quartier ? "Bien sûr, répond cette Gleizéenne, je passe moins en centre-ville, comme beaucoup de gens que je connais et j'ai fait transférer mon compte en banque dans une autre agence, à Limas." Pas question non plus pour elle, comme pour d'autres de tester les parcs enterrés malgré la première demi-heure gratuite. Et le parking du marché couvert, tout proche ? "Il va être de plus en plus rempli", répondent les Caladois en chœur.
A la Brasserie du théâtre, à l'angle de la place, on fait grise mine. "On a perdu les clients de passage, c'est évident. Le soir en particulier, c'est la Berezina, évoque Micheline Dubost. Le midi, ça va encore, j'ai une clientèle d'habitués, mais lundi matin, jour de marché, les gens ne sont pas venus boire un café en passant. Quand les travaux ont été faits devant nous en avril, j'ai perdu 20 à 30 % de chiffre d'affaires. Maintenant, il est un peu tôt pour faire un bilan, je ne vais pas être pessimiste et j'espère que les gens vont changer d'habitudes, mais je ne sais vraiment pas comment les choses vont évoluer."
Les travaux devant durer jusqu'au printemps 2007, le bilan définitif sera long à établir. "Nous avons remarqué que le parc Chasset a connu une très bonne occupation depuis le début de semaine", constate Joël Le Minous, directeur des services techniques, ce qui indiquerait que les clients ne seraient pas si allergiques que cela aux parkings souterrains. "Nous avions prévenu depuis deux semaines par des papillons sur les pare-brise que le parking allait fermer, donc les gens sont au courant pour la plupart et les places souterraines couvrent celles fermées en surface. Pour le reste, nous ferons un bilan dans quelques semaines de l'offre de stationnement."
D.B.
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