Jean-Jacques Pignard reçu à l'Elysée

Jean-Jacques Pignard a été reçu lundi par Jacques Chirac et onze
collègues de différentes villes - six maires de gauche et six de droite - alors que se tient à Paris jusqu’à ce jeudi le congrès des maires
de France. Cette réunion a essentiellement porté sur la cohésion sociale après les évènements qui se sont produits en banlieue.
Le maire de Villefranche a été surpris par la grande qualité d'écoute du président de la République et sa capacité à mettre à l’aise "même si je suis UDF et lui UMP", lance le maire de Villefranche en introduction de sa conférence de presse programmée entre deux voyages à Paris. "Une réunion où nous avons pu parler librement".
Les évènements récents qui se sont déroulés dans les quartiers et dans les banlieues ont nourri l'essentiel des débats. "Jacques Chirac a déclaré être très attaché aux 20 % de logements sociaux dans les communes de plus de 2 500 habitants" souligne l'élu qui évoquait ce problème au plan local dans notre précédente édition.
Le maire de Villefranche va d'ailleurs intervenir lors du congrès des maires de France sur le thème "le maire, la politique de la ville et de l’habitat" avec François Rebsamen maire de Dijon. En prélude à ce rendez-vous il a confié au Président de la République que "si le logement est important, l’emploi doit être pris en considération. Il faut que les jeunes issus de l’immigration et des cités puissent être employés dans les entreprises, les collectivités et aussi dans les administrations sans délits de faciès et de nom.
Mais il faut d’abord régler les problèmes de trafics de drogues, c’est le travail de la police. Car même si l’on veut employer un jeune au Smic alors que  son petit copain d’à côté roule en BMW et gagne dix fois plus en vendant de la drogue, nous ne règlerons pas le problème de l’emploi. Et le type qui lui aura un emploi normal au bout de quelques mois va se dire : est ce que je vais continuer à être un gagne-petit ?
Sur les violences et les troubles récents dans les quartiers Jean-Jacques Pignard a souligné : "il faut être sans pitié envers les petits casseurs. Il n’est pas normal qu’ils salissent la réputation des cités. En revanche l’on doit se poser la question du mal être : il doit être pris en considération".
Le maire de Villefranche a déclaré croire à la politique de la ville avec des acteurs de terrain, des animateurs sociaux, des éducateurs. Mais il ne croit plus "à tous ces bureaux d’études, ces fonctionnaires, ces technocrates de le politique de la ville qui nous pondent des rapports dans un style illisible".
Le maire a rappelé ses priorités : l’aide aux devoirs mis en place dans les établissements scolaires et les cours d’alphabétisation pour les femmes issues de l’immigration.
Autre sujet abordé : le maintien des services publics en zone rurale. "On ne peut pas mettre en place dans chaque village un agent des postes". "Nous allons de plus en plus vers une formule de guichet unique, où il y aura plusieurs services sur un point donné, qui peut être jumelé d’ailleurs avec un commerce", explique le maire de Villefranche suite aux propos tenus par Jacques Chirac. Et de préciser qu’une charte de maintien des services publics dans les campagnes, élaborée par l’Association des maires de France, sera votée solennellement lors du congrès des maires. "Jacques Chirac s’est dit préoccupé également par la disparition de la médecine libérale dans les campagnes", rapporte Jean-Jacques Pignard.
Dans le chapitre "finances locales" le président de la République a confirmé son souhait de voir disparaître la taxe professionnelle "impôt injuste car il frappe à la fois l’investissement et l’emploi", précise Jean-Jacques Pignard. "Nous n’avons pas trouvé un moyen efficace et moderne de la remplacer". Les douze maires ont demandé à Jacques Chirac une période d’essai de trois ans sur le nouvel impôt qui va remplacer la taxe professionnelle "pour ne pas figer le texte".
L.C.
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