Environnement : la poudre de Perlimpimpin améliore l'eau du lac des Sapins

Un vrai mystère...
Le traitement attaqué à l'été 2005 doit durer cinq ans. Depuis deux ans, pendant les mois les plus chauds, une barge équipée de deux rampes d'aspersion - semblables à celles utilisées par les agriculteurs - épand de la poudre de silice sur les 40 ha du plan d'eau. Le but est de favoriser la production d'oxygène qui va permettre de dégrader les boues accumulées depuis 1979, date de la mise en eau de la retenue construite sur le Reins. "Actuellement, dit Alexandre Bacher, il n'existe aucune autre méthode pour revenir sur cette accumulation de boues. Maintenant, on fait des efforts en amont pour agir directement sur les causes du problème (polluants domestiques, stations d'épuration, pollutions agricoles...)".
Un traitement homéopathique
Beaucoup de scientifiques sont perplexes. On ne sait pas comment cela marche. "Le fonctionnement n'est pas clair, commente le jeune homme. Il met sans doute en œuvre des propriétés physiques inconnues basées sur une énergie qui va catalyser et accélérer les réactions, stimuler les bactéries au fond du lac et lui rendre son fonctionnement normal." La silice (ou un autre support tel que la poudre de quartz ou le ciment) est un matériau inerte sur lequel est fixé par un procédé top secret l'image de l'oxygène. "C'est un procédé totalement innovant, affirme Alexandre Bacher. C'est la première fois qu'il est utilisé sur un plan d'eau de cette dimension. Depuis vingt ans, des surfaces plus petites ont été traitées avec succès en Suisse et en Allemagne." Au mois de juillet, le Français a visité, à côté de Francfort et de Mayence, des plans d'eau où la baignade avait été interdite et qui ont été réouverts après deux ans de traitement. "La transparence y dépasse quatre mètres, il n'y a plus d'algues. Les résultats ont été rapides car ces plans d'eau sont fermés et le taux de renouvellement de l'eau est plus faible qu'ici (le Lac des sapins est alimenté par le Reins)."
Un crédit politique
L'expérience est soutenue à 50 % par l'Union européenne dans le cadre du projet Leader + qui a défini le marché public et qui avait, avec la DIREN, fixé sept clauses de résultats chimiques et biologiques. Dès le départ, les objectifs étaient très ambitieux. Les conclusions définitives seront connues en 2009.
Michèle Moreau






