Belleroche : la mairie au secours du tabac-presse

La mairie va racheter les murs du bureau de tabac de Belleroche pour aider au sauvetage de cet commerce en redressement judiciaire.
Nous évoquions (notre édition du 27 avril) les difficultés financières du tabac-presse du centre commercial de Belleroche, menacé de fermeture et soutenu largement par la population du quartier. Pour beaucoup, la disparition de ce commerce entraînerait à coup sûr celle des autres échoppes à terme et aggraverait encore les conditions de vie du quartier.
Devant cette menace, la mairie a décidé de réagir. Lundi, lors du conseil municipal, Jean-Jacques Pignard a annoncé le rachat des murs du bureau de tabac pour la somme de 55 000 euros. Le gérant payant ensuite un loyer à la commune. "Il est indispensable à la vie du centre commercial", s'est-il justifié, rappelant également que ce centre a été créé dans les années 1990 "grâce à des fonds publics." La logique veut donc que l'on poursuive dans cette voie. "Mais il faut également que les commerçants de Belleroche se prennent en main, réfléchissent à améliorer l'animation du quartier."
Le maire en a également profité pour faire part de son irritation suite au départ de l'agence locale de la Caisse d'Epargne pour Limas, "au prétexte que les gens y sont plus riches." Du coup, le maire a démissionné de son poste d'administrateur de la banque de l'Ecureuil. Décidé à préserver l'avenir du quartier il a demandé aux services fiscaux de faire un effort en direction des commerçants du quartier. "Belleroche n'a pu entrer dans le dispositif des zones franches, mais j'ai bon espoir que les négociations aboutissent sur ce point."
Les conseillers divers-droite, par la bouche de Pascal Ronzière, se sont dit d'accord pour préserver l'activité, mais réservés sur l'acquisition des murs. "Ça se fait dans des petits villages, mais que va-t-il se passer si d'autres font la même demande?" "Ailleurs, les zones n'ont pas été créées avec des fonds publics", a rassuré le premier édile.
Jean-Luc Guénichon (radical de gauche) s'est dit "gêné aux entournures, on aide un établissement qui a été mal géré." "Nous aurons un droit de regard sur le futur de l'établissement" a rappelé J.-J. Pignard.
L'exploitant, Pascal Guyennon, pousse lui un grand "ouf" de soulagement. "Cette vente va me permettre de reconstituer mon fond de roulement : comme je suis toujours en redressement judiciaire jusqu'en septembre, je suis obligé de payer toutes mes fournitures d'avance et, rien que pour le tabac, ce sont des achats de plusieurs dizaines de milliers d'euros. Sinon, j'ai récupéré la vente de la presse et les cartes de transports en commun. Je vais tout faire pour maintenir mon activité."
"D'autant, poursuit-il, que je me sens soutenu par le quartier. Si ça n'avait pas été le cas, j'aurais sans doute arrêté."
D.B.

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