Béligny : un mur de l'autoroute s'effondre dans son jardin

Un mur anti-bruit de 15 mètres de long sur six de haut s'est effondré dans un jardin privatif à Béligny. Un défaut de conception semble être à l'origine du sinistre. Par précaution, la SAPRR a démoli deux ouvrages semblables dans le quartier.
Il devait être 1 h 30 du matin, on a été réveillé par un bruit étouffé qui a fait trembler les maisons du quartier. Le vent soufflait fort, mais on se demandait ce qui venait d'arriver. Et puis, du balcon on a été étonné de voir les phares des voitures sur l'autoroute et là, on a vu que quinze mètres du mur de l'A6 venaient de s'effondrer dans le jardin !" Son témoignage, Louis Bertolla l'a beaucoup raconté depuis une semaine, aux journalistes venus l'interroger, mais aussi à ses voisins, dont certains ne s'étaient pas encore aperçus du sinistre survenu dans la nuit de jeudi à vendredi, la semaine dernière.
Pourtant, jusqu'à mardi matin, les débris du mur de quinze mètres de long sur six de haut, pour plusieurs dizaines de tonnes, jonchaient encore son jardin, recouvrant les arbres fruitiers plantés par la famille voilà une dizaine d'années.
Un sinistre prévisible ?
"La veille encore, nous étions encore quatre à ramasser des fruits : le mur aurait pu s'effondrer à ce moment-là !", se désole le retraité. Et ce, d'autant, que l'effondrement de ce mur bordant l'autoroute ne l'a pas surpris : voilà près de trois ans qu'il s'inquiétait des fissures apparues sur l'ouvrage. Preuve à l'appui : des photos de décembre 2004 où l'on voit clairement une fissure courir entre les deux murs de ce qui était une jardinière d'ornement et non un mur anti-bruit, contrairement aux vastes panneaux penchés qui courent sur plusieurs centaines de mètres dans le quartier de Béligny. "Ces équipements servaient à embellir les murs anti-bruits en secteur urbain", note la SAPRR.
"J'avais prévenu à plusieurs reprises la société d'autoroute, poursuit Louis Bertolla. Il y a deux ans, des gens sont venus contrôler le mur, ils ont dit "celui-là ils vont bientôt l'effondrer". Je n'ai jamais vu personne. J'ai encore appelé il y a deux mois, je voyais bien que le mur bougeait, l'hiver, la fissure se rétractait. En fait, le problème, c'est qu'il n'avait pratiquement pas de fondations du côté de mon jardin."
Et il semble bien que le   retraité ait raison : adossé à un remblai de terre côté A6, cette construction semblait n'être que faiblement enterrée côté privatif (voir interview).
A cent mètres de là, une autre de ces "jardinières" est elle aussi fissurée (voir photos), a tel point que la SAPRR* a, par précaution, pris la décision d'effondrer les deux autres constructions de ce type après avoir enlevé les débris de béton du jardin de Louis Bertolla.
Pour lui, cependant, l'affaire n'est pas terminée. Un filet de protection a été posé par la société d'autoroute pour éviter que ses trois chats ne s'échappent. "Mais le problème c'est que l'on entend maintenant beaucoup le bruit, en particulier celui des camions qui démarrent après le péage. Et, la nuit, les phares éclairent la chambre." Selon la SAPRR un mur devrait être élevé dès septembre.
Quant aux dommages causés à la famille Bertolla, ils devraient être réglés entre assureurs.
D.B.
*Société des autoroutes Paris-Rhin-Rhône.
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