Distribution : Clochemerle s'offre un nouveau chapitre

La femme et le fils de Gabriel Chevallier ont confié à Christophe Coquard, négociant récemment installé à Theizé, le soin d'exploiter et de distribuer la marque Clochemerle pendant dix ans. L'homme promet de continuer à faire vivre en bouteilles l'histoire d'un village pas comme les autres.
Il se passe toujours quelque chose à Clochemerle. Et ce depuis la parution du roman éponyme en 1934, véritable éloge de la truculence et de la joie de vivre. Du réel à l'imaginaire, les hommes et femmes de ce village accroché aux coteaux cultivent l'art d'écrire la suite d'une histoire sans fin. Avec la reprise en main de la distribution de la marque Clochemerle par la Maison Coquard, basée à Theizé, un nouveau chapitre a débuté le 1er janvier. Après avoir créé sa société il y a moins d'un an, Christophe Coquard, ancien de chez Pellerin, a repris le flambeau  via un contrat d'une durée de dix ans. Paquet, présent à la barre depuis 1976, en son nom propre d'abord, puis via Boisset et Mommessin, a été écarté du jeu par Madeleine Chevalier, femme de l'auteur du célèbre roman. A 99 ans, celle-ci gère conjointement avec son fils l'héritage de  Gabriel Chevallier. "J'ai été contacté par le fils de Mme Chevallier, et j'ai accepté de reprendre la main, mais sous certaines conditions, par exemple une liberté totale en matière sélection des vins et de marketing. C'est aussi un pari audacieux qu'accepte la famille Chevallier en confiant la distribution à une entreprise qui n'a pas encore un an d'existence. J'espère lui démontrer qu'il n'a pas eu tort de me faire confiance", explique M. Coquard, heureux de ce "coup" médiatique et commercial. "Il y a quelques années, 170.000 bouteilles étaient vendues sous la marque Clochemerle... C'est un marché intéressant. D'autre part, c'est un nom qui m'apporte encore plus de crédibilité. Je vais pouvoir travailler en complémentarité avec la gamme existante", avance-t-il.  
Alors que certains viticulteurs locaux ne manquent pas d'exprimer un certain scepticisme à l'annonce de cette reprise, Christophe Coquard s'empresse de rassurer. "Ma motivation est très grande. J'ai envie de donner un nouveau souffle à la marque, d'en faire une référence en Beaujolais. Cela passe notamment par un packaging qui sort de l'ordinaire", explique-t-il, "Coquard peut sans doute aider Clochemerle et inversement. J'envisage de me rapprocher des gens du village de Vaux au cours des prochaines semaines. Si on peut  monter des opérations ensemble, ce serait une bonne chose", déclare le négociant de Theizé, pour qui la cible principale sera la grande distribution, et notamment à l'export. "Je vais me rendre au Japon en juin pour présenter Clochemerle. Il existe également des accroches au Royaume-Uni, où une série TV a été produite par la BBC", illustre-t-il. Distributeur exclusif de la marque Clochemerle, Christophe Coquard espère que Clochemerle deviendra un produit phare pour sa Maison. "Et si ça marche, mes prochains investissements seront encore et toujours en direction du Beaujolais. Je crois encore dur comme fer en cette région", achève le négociant de Theizé, qui, avec la reprise de Clochemerle creuse un peu plus profond son sillon au plus près du terroir beaujolais.
Julien Verchère
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