Handball : la fête, et après ?

Les handballeurs caladois ont fêté samedi le titre honorifique de vice-champion de France de D2 avec une dernière victoire sur Aurillac (32-28). Pour autant, la montée en D1 est conditionnée par l'accord de la Ligue Nationale de Handball, qui étudiera le dossier caladois dans les prochains jours. Le suspense reste entier.

La victoire décrochée samedi face à Aurillac (32-28) pour le compte de la dernière journée du championnat de France de D2 a été le prétexte à une soirée de liesse, dans un Palais des Sports garni par un millier de spectateurs enthousiastes. Musique et danseuses brésiliennes, ovation pour Davidovic et les joueurs en partance, l'ambiance d'avant-match laissait présager d'une belle fête.
Pour l'occasion, les handballeurs caladois avaient osé des coupes de cheveux inédites, Arnaud Chapuis arborant un arc-en-ciel de couleurs sur la tête tandis que Jérémy Chabert avait totalement rasé sa longue chevelure blonde.
Ces changements de look n'ont pas modifié le jeu du HBCV, contraint de l'emporter ou à minima d'obtenir le nul pour valider la montée sur le plan comptable. Après avoir récupéré en fin de semaine dernière un point sur tapis vert, Cesson était en effet redevenu un adversaire pour Villefranche.
En cinq minutes, le rouleau-compresseur caladois a réduit à néant les timides espoirs d'une formation visiteuse n'ayant plus rien à craindre ou à espérer de cette saison (7-1, 5e). La suite de la rencontre ne mérite pas de plus amples développements, le HBCV s'étant contenté de gérer jusqu'à la sonnerie finale une avance naviguant entre trois et huit buts. Vainqueurs 32 à 28, les partenaires de Dragos Mocanu sont entrés à la fin du match dans une folle sarabande, heureux d'avoir réalisé ce que personne n'attendait vraiment en début de saison.
"On mérite de monter"
L'avenir du club se joue désormais en coulisses. Jean-Claude Braillon, nouveau président, assure avoir mis en mouvement l'ensemble du conseil d'administration afin de présenter demain vendredi un dossier étoffé devant la Commission Nationale d'Aide et de Contrôle de Gestion (CNACG) de la Ligue Nationale de Handball, qui émettra un avis avant le 15 juin quant à la capacité du club à jouer en D1. "On doit agir très rapidement. Mais je peux déjà dire qu'on présentera un budget conforme aux exigences de la LNH, c'est à dire autour de 930 à 950.000 euros", assure M. Braillon. "Le problème, c'est qu'il y aura encore des points d'interrogation en face de certaines lignes budgétaires", admet-il. C'est un peu l'histoire du serpent qui se mord la queue : la LNH demande des garanties financières solides pour valider l'accès en Elite, tandis que les partenaires privés conditionnent leur engagement à cet accord de la LNH.
Du côté des partenaires institutionnels, Bernard Perrut a confirmé samedi soir la poursuite de l'engagement de la communauté d'agglomération. Une réunion avec Jean-Jacques Pignard, maire de Villefranche, devrait par ailleurs avoir lieu en début de semaine. "On va se battre jusqu'au bout pour défendre le HBCV, qui a démontré sur le terrain qu'il était celui qui méritait le plus de jouer en Elite. Le côté sportif est tout de même un argument de poids", ajoute Jean-Claude Braillon.
Les négociations de couloirs n'ont pas empêché le début des grandes manœuvres sur le plan sportif. Aux départs de Boultif (Vigo, Espagne), Chapuis (Saint-Raphaël), Drobnjakovic (Nantes) et Novovic (Monténégro), répondent les arrivées de l'international macédonien Marjan Kovel (demi-centre) et de l'ailier droit Olivier Marroux (N1, Montélimar). Quant au remplaçant de Milorad Davidovic au poste d'entraîneur, il devrait s'agir d'Armel Merlaud, même si aucune signature n'a encore officialisée la venue du technicien de Vénissieux. Une chose est certaine : le profil de la future équipe du HBCV dépend étroitement de l'autorisation ou non d'intégrer la division 1 en septembre prochain. Tout un club est dans l'attente.
Julien Verchère

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