Tour de France : Hubert Dupont se souviendra du Tourmalet

Longtemps échappé dans la plus belle étape pyrénéenne, le coureur ansois d'AG2R La Mondiale a franchi le col du Tourmalet en troisième position, finissant finalement 27e de l'étape au sommet d'Hautacam. Un souvenir qu'il n'est pas prêt d'oublier.
Il a fallu que la route s'élève franchement pour qu'Hubert Dupont (AG2R La Mondiale) retrouve le sourire en même temps que son tempérament d'attaquant-né. Caché au cœur du peloton depuis le départ de la Grande Boucle, parfois mis en difficulté sur les étapes excessivement nerveuses de la première semaine, le coureur professionnel ansois a surgi de sa boîte le jour du 14 juillet. Le plus beau pour un Français. "Mais plus que les encouragements français, c'est la folie des Basques dans la montée finale vers Hautacam qui m'a marquée. Un truc de malade", lâche Dupont, longtemps posté à l'avant de la plus belle étape pyrénéenne, entre Pau et la station de ski des Hautes-Pyrénées. S'il n'a pas gagné, il a tout de même contribué à donner à la course un dégradé bleu-blanc-rouge toujours très apprécié le jour de la fête nationale.
Dupont raconte par le menu l'itinéraire d'une journée qui restera à jamais gravée dans sa mémoire : "Nous sommes partis à 27 dès le km 15, mais ça n'a pas vraiment fonctionné. J'ai alors eu la chance de repartir dans un groupe de sept coureurs au km 60, mais il est vrai que j'avais déjà laissé beaucoup d'énergie pendant le début de course", exprime Hubert. Arrivé au pied du mythique col du Tourmalet avec neuf minutes d'avance sur un peloton bien décidé à se faire la guerre, le groupe s'est alors disloqué, le Marseillais Rémi Di Grégorio (ancien camarade de club de Dupont au VC La Pomme Marseille) franchissant en solitaire le sommet.
"Un grand moment de bonheur"
"Je suis passé en troisième position là-haut, après avoir accéléré dans les quatre derniers kilomètres d'ascension", explique l'ancien sociétaire du Vélo Club Caladois, devenu acteur d'un scénario qu'il avait pour habitude d'observer devant son poste de télévision. "C'était impressionnant. C'est la première fois que je voyais une foule aussi compacte sur un col entier", ajoute-t-il.
La grande bagarre ayant été déclarée entre les prétendants au maillot jaune, l'échappée belle de Di Grégorio, Dupont et autres était cependant vouée à l'échec avant même la montée finale vers Hautacam, "d'autant plus qu'on a pris le vent de face", note Hubert, finalement 27e de l'étape et troisième français du jour derrière Goubert et Casar. Pas mal pour une première participation au Tour... "C'est dommage, si la grande lessive entre favoris n'avait pas eu lieu dès aujourd'hui, j'aurais pu viser une très belle place. Mais je suis déjà super content d'avoir pu être devant sur un aussi belle étape de montagne. C'est le top pour un grimpeur comme moi", savoure le coureur d'AG2R La Mondiale, déjà à l'œuvre la veille pour aider Cyril Dessel à décrocher une belle troisième place d'étape. "Je me sens bien à partir du moment où la route grimpe vraiment longtemps. J'ai vécu lundi quelque chose d'exceptionnel. Dans le Tourmalet, je souffrais, mais j'avais le sourire aux lèvres. J'étais transcendé par le public et le fait d'être échappé. C'était un grand moment de bonheur", rêve encore Hubert Dupont. Avant d'autres chevauchées du même type dans les Alpes ?
Julien Verchère
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