Cyclisme : Vincent Canard : "Je prends tout ce qui vient"

Vincent Canard : "Je vais intégrer la sélection Rhône-Alpes qui va batailler avec tous les clubs de Division Nationale 1 français, c'est une belle récompense ! Les championnats de France, c'est la plus grande course amateur du pays, ce n'est pas rien... Si on m'a choisi, ce n'est pas seulement à cause de ma 8e place dimanche, mais aussi parce que je suis souvent aux avants-postes depuis le mois de février. Même si je n'en faisais pas une obsession, j'aurais été déçu de ne pas aller au championnat national."
Vous avez confirmé votre régularité au plus haut niveau amateur, même si les podiums vous échappent. Quel bilan dressez-vous de la première partie de saison ?
"Globalement, je suis satisfait des premiers mois de compétition. Sur les plus grosses épreuves amateurs, j'arrive très souvent à rentrer dans les dix meilleurs, à faire la course à l'avant. Je suis présent.
Cela dit, j'émet une réserve, car il me manque un très gros résultat, une victoire ou un podium dans une grande course par exemple. Je sens que j'ai les capacités physiques pour en gagner une belle cette saison. J'essaie de m'appliquer au maximum, de bien décrypter chaque course, de sauter dans les bonnes échappées... J'y crois toujours, même si la concurrence est rude car le club s'aligne sur des épreuves très relevées. Je suis même plus motivé que jamais !"
Qu'est-ce-qui vous manque pour franchir cette dernière marche ?
"Je ne sais pas trop... Le facteur réussite joue sans doute un peu. Mais je crois que mon principal défaut, c'est d'abuser de mes forces, d'être trop généreux parfois. Il faut que j'apprenne à mieux doser mes efforts, à cacher mon jeu. C'est ce que font les meilleurs. Je travaille dur pour gommer mes erreurs."
"Je joue le jeu à fond"
Vous êtes encore "neuf" dans le monde du vélo, n'est-ce-pas un autre désavantage ?"
"Pendant les années lycées, je ne faisais pas de sport en club. Il y a trois ans, je courais le week-end en UFOLEP pour m'amuser. Et il y a seulement un an que je suis en première catégorie. Oui, je pars avec un peu de retard sur d'autres coureurs, qui baignent dans le vélo depuis le plus jeune âge. J'ai la chance de ne pas connaître la pression de l'entourage, même si mes parents sont heureux de me voir évoluer à haut niveau. Cela n'empêche pas que je suis ambitieux et que je mets tout en œuvre pour y arriver. C'est très simple : je joue le jeu à fond et je prends ce qui vient. Si ça marche, tant mieux. Mais je sais que j'ai aussi un BTS viticulture en poche qui peut me servir en cas d'échec."
On sait que votre progression continue ne passe pas inaperçue. Quels sont vos espoirs de pousser les portes du monde professionnel ?
"Je sais que ce sera dur pour cette fin de saison, car plusieurs coureurs de ma génération ont pris une longueur d'avance en matière de résultats, comme Cusin, Bessy ou Bonnafond. J'ai un peu plus de 22 ans, il ne faut pas que je traîne trop... En même temps, je continue à progresser, en matière de puissance ou de résistance à l'effort par exemple. J'arrive désormais à enchaîner plusieurs jours de course.
Tactiquement, j'avance également au fil des courses, j'observe les vieux briscards à l'œuvre, j'apprends beaucoup et je me fais plus rarement piéger. Je vais continuer à travailler et croire en mes chances. J'ai toujours fonctionné comme depuis que j'ai commencé le vélo. Je pousse à chaque fois un peu plus loin, sans savoir où cela va me mener."
L'été qui s'avance s'annonce très important...
"C'est évident, je mise beaucoup sur les mois qui viennent et notamment août, avec des courses qui conviennent bien à mon profil de grimpeur. Mais avant cela, j'ai l'espoir de me montrer au championnat de France dans un peu plus de deux semaines. Je sais qu'il n'y a pas de place pour tout le monde, mais être échappé dans la plus grande course de l'année, ce serait génial !"
Propos recueillis
par Julien Verchère
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