Cyclisme : Nicolas Racodon roi du Beaujolais

Au fond du trou en 2007, Nicolas Racodon ne cache pas son bonheur d'être revenu en haut de l'affiche.
Le Patriote Beaujolais : "Qu'avez-vous ressenti au moment de franchir la ligne, la victoire assurée ?"
Nicolas Racodon : "Une très grande joie. C'est un moment qui va compter, pour moi qui n'avait plus gagné à ce niveau depuis deux ans comme pour le club, pour qui cette épreuve est vraiment très importante. Par ailleurs, j'ai débloqué le compteur des victoires en première catégorie. C'est un soulagement car en fin de saison, on établit le bilan à partir des victoires, pas des deuxièmes places."
Avant le départ, pensiez-vous avoir les moyens de jouer votre carte au général ?
"Pas vraiment, car j'ai habituellement des difficultés à enchaîner trois étapes et deux jours de course. J'ai parfois du mal à récupérer. C'est pourquoi je visais plutôt une victoire d'étape. Mais après mon échec face à Soupe le samedi, j'étais à la fois déçu et motivé pour faire la course en tête le lendemain. J'avais l'avantage de ne pas subir la pression du maillot jaune tout en étant dans le même temps."
N'avez-vous pas eu peur de vous faire souffler la victoire par Lusiak dans la dernière montée ?
"Pas vraiment, j'ai géré mon avance avec lui dans la dernière montée. J'avais surtout peur des quatre coureurs qui se trouvaient à moins de trente secondes au général. C'est pour cela qu'une fois le maillot jaune décramponné, le VCC a roulé fort, à l'image de Vincent Canard, qui a effectué un travail de titan. On a essayé d'empêcher les adversaires de pouvoir sortir du groupe de tête, même si on a été constamment attaqué. Tout seul, je n'aurais pas pu gagner."
Cette victoire relance une carrière mise entre parenthèses en 2007...
"Je n'ai pris le départ que des trois courses l'an passé. J'ai même pensé arrêter le vélo, car je n'aime pas la demi-mesure. Après un début de saison où j'ai repris mes marques en deuxième catégorie, ce succès me relance bien. J'ai retrouvé le niveau qui était le mien lorsque j'étais licencié au club de Roanne. Je tiens à remercier la famille Barle pour la confiance qu'ils m'ont accordée cet hiver. Aujourd'hui, je pense que je leur rends la monnaie de la pièce."
"J'ai besoin de liberté"
Qu'est-ce qui peut expliquer votre retour au premier plan ?
"En 2007, J'ai pris beaucoup de recul par rapport au vélo, à la compétition. Je ne vis plus les courses avec la même pression sur les épaules. Maintenant, je cours avec davantage de plaisir, sans me prendre la tête et ça marche aussi bien. Je me sens revivre. Anthony Barle sait que j'ai besoin d'une certaine forme de liberté pour m'exprimer, de ne pas me sentir enfermé dans un cadre figé pour la saison."
A 24 ans, vous êtes à la croisée des chemins. Comment imaginez-vous la suite de votre carrière ?
"J'ai fait une croix sur le monde professionnel. Je pense que c'est trop tard pour moi. Je pense à terme me reconvertir dans un métier lié au commerce puisque j'ai une licence action commerciale. Pourquoi pas d'ailleurs travailler pour une marque de sport ?
Je vais déjà faire un point à l'issue de cette saison. Car je ne pourrais pas continuer longtemps à faire autant de sacrifices. Actuellement, je me lève à 5 h, j'effectue ma tournée de facteur, je rentre vers 13 h, j'enfile le cuissard en avalant rapidement quelque chose, je roule tout l'après-midi avant de m'effondrer de fatigue le soir. C'est un rythme de vie qu'on ne tient pas pendant des années. Mais jusqu'au mois d'octobre, on peut compter sur moi pour continuer à jour le jeu. Quand je fais quelque chose, c'est toujours à fond."
Propos recueillis par J.V.
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