Aviron. Frédéric Dufour : "Cela n'effacera pas Pékin..."
aux championnats d'Europe qui se déroulent ce week-end à Athènes, en Grèce. Objectif : terminer sur une bonne note et tenter d'atténuer un peu l'amertume née de l'échec aux JO de Pékin.
Le Patriote : "Frédéric, pourquoi avoir choisi de vous aligner au départ de ces championnats d'Europe d'Athènes ?"
Frédéric Dufour : "C'était un rendez-vous fixé de longue date. Avec mon coéquipier, on s'était dit que ce serait un bon moyen de profiter de l'effet Pékin en cas de bonne performance aux Jeux Olympiques. Il faut bien avouer que la motivation n'est plus la même aujourd'hui pour aborder une épreuve de retour depuis deux ans au programme international, mais qui n'a ni la réputation ni le niveau des JO. Une bonne perf' à Athènes n'effacera de toute façon pas l'échec de Pékin."
Vous éprouvez encore des difficultés à oublier cette élimination en demi-finale il y a maintenant un mois de cela...
"Bien entendu, c'est difficile à avaler car on se présentait à ces Jeux Olympiques avec un objectif de médaille. Le point positif, c'est que je ne regarde plus la médaille conquise à Athènes comme un demi-échec, alors que le titre nous tendait les bras. J'ai vraiment pris conscience à Pékin de la difficulté d'être présent le jour J dans une compétition aussi relevée que les Jeux. Aujourd'hui, l'argent d'Athènes vaut de l'or pour moi."
Avec un peu de recul, qu'est-ce qui a manqué selon vous au tandem Dufour-Goisset pour briller en Chine ?
"Pas mal de choses. En premier lieu, on formait un équipage beaucoup moins rôdé que la plupart de nos adversaires, qui rament pour certains depuis six ans ensemble. Nous, c'était seulement quelques mois... Du temps, cela compte pour souder un bateau. Et puis, il y a aussi eu la blessure de Maxime, plus grave que ce qui avait été décelé au départ. En fait, il a pris part aux Jeux avec la main cassée ! Résultat, il éprouvait quelques difficultés à tenir les avirons. Cela a eu tendance à déséquilibrer l'embarcation. A ce niveau, c'est le genre de détail qui ne pardonne pas."
Malgré la déception, avez-vous pris le temps de visiter Pékin, d'aller voir d'autres épreuves ?
"J'ai suivi en partie l'épopée de l'équipe masculine de handball, en assistant à la demi-finale et à la finale historique face à l'Islande. C'était magique, il y avait énormément de sportifs du club France dans les tribunes. On a senti là le souffle olympique. J'ai aussi pu aller à plusieurs soirées d'athlétisme, au beach-volley, au taekwondo, à la lutte... Par ailleurs, j'ai eu le temps de me rendre sur la place Tian'anmen, ou encore visiter la muraille de Chine. Quant à Pékin, j'ai découvert une ville propre sur elle. On sentait que les Chinois avaient mis le paquet pour montrer une certaine image de leur pays, quitte à ce que cela soit un peu artificiel parfois. Mais il faut avouer que l'organisation a été presque exempte de fausses notes."
Après avoir découvert la Chine, vous allez retrouver un bassin que vous connaissez bien, en l'occurrence celui sur lequel vous avez décroché la médaille d'argent des Jeux de 2004. C'est un peu d'émotion ?
"Je n'y suis pas retourné depuis les JO de 2004, la Grèce organisant rarement des épreuves internationales. Sincèrement, je ne pense pas que cela va me toucher plus que ça."
Dimanche soir, c'est l'heure des vacances ?
"Après cette épreuve, je vais couper totalement pendant un mois et pouvoir profiter davantage de mon entourage, me poser un peu. Une année olympique, c'est 180 jours passés en stage ou compétition, loin de chez soi, dont la plupart des week-end. C'est beaucoup de sacrifices."
A 32 ans, êtes-vous prêt à continuer à fournir de tels efforts pour viser les Jeux de Londres, en 2012 ?
"Je ne me pose pas la question de cette façon. Désormais, je regarde seulement l'année qui arrive et la perspective des championnats du monde 2009. Il se passe tellement de choses en quatre années... Mais si ma motivation et mon corps le permettent, pourquoi pas en effet ramer jusqu'à Londres. Mais je préfère partir du principe que 2009 sera ma dernière saison."
Propos recueillis par Julien Verchère






