Le budget de la réhabilitation

L’objectif de diviser par quatre la consommation d'énergie d'ici à 2050 semble difficile à atteindre. La grande majorité du parc immobilier français est vétuste et le budget nécessaire à sa réhabilitation est un obstacle pour bon nombre de propriétaires.
L’objectif de diviser par quatre la consommation d'énergie d'ici à 2050 semble difficile à atteindre. La grande majorité du parc immobilier français est vétuste et le budget nécessaire à sa réhabilitation est un obstacle pour bon nombre de propriétaires.
La prise de conscience collective en matière d’énergie a mis en lumière les nombreuses carences du parc immobilier français. Seules les maisons les plus récentes et les mieux équipées peuvent se targuer d’être écologiquement et économiquement viables. Or sur les 30 millions de logements français, les deux tiers ont été construits avant 1975, au plus fort de la reconstruction, puis à la faveur du baby-boom. A cette époque, la seule contrainte était celle de la rapidité. Construites vite, en l’absence de toute réglementation thermique, ces constructions sont de véritables gouffres à énergie.
Or, il n’est plus possible aujourd’hui de fermer les yeux. Le diagnostic de performance énergétique (DPE), préalable obligatoire à la vente d’un bien immobilier et à la signature des contrats de location, met désormais en évidence les différences d’un bien immobilier à l’autre. Difficiles à vendre, les maisons des années 50 et 60 peuvent devenir une charge pour leurs propriétaires.
Inciter, forcer ?
L’an dernier, lors du Grenelle de l’environnement, Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Ecologie, affirmait que l'ensemble du parc public serait rénové en 2015, avec à la clef une éventuelle loi obligeant les particuliers à rénover. Or ce projet qui ne manquerait pas d’être impopulaire est jusqu’alors resté en suspens. Pour favoriser l’effort collectif, le gouvernement a finalement préféré encourager la réhabilitation par des mesures incitatives.
Encore faudrait-il savoir d’une part, s’il est possible de faire de ces constructions énergétivores, des bâtisses écolo responsables et, d’autre part, si les propriétaires actuels pourront se permettre de débourser l’argent nécessaire.
Du point de vue technique, les professionnels du secteur de la rénovation sont formels : tout est possible ou presque. Toutefois la réalisation de travaux de rénovation a un coût estimé à environ 20 000 euros, soit 3 fois plus que la somme investie habituellement dans les travaux domestiques.
Aider !
Plusieurs coups de pouce financiers ont été  mis en place depuis 2005 à base de crédits d'impôt de 15 % à 50 % sur le coût TTC des équipements et de baisse de la TVA à 5,5 % au lieu de 19,5 %. Par ailleurs, l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) propose également une aide à destination des particuliers sous condition de ressources, à hauteur de 20 ou 35 % du montant HT des travaux et plafonnés à 13 000 euros. Des primes complémentaires peuvent être proposées dans le cadre de l’installation d’un chauffe-eau solaire individuel, d’une chaudière à condensation ou à bois, d’une pompe à chaleur air/eau ou géothermique voire d’un système solaire combiné.
Dans le sillage du Grenelle de l’environnement, d’autres initiatives de soutien aux particuliers ont vu le jour en région avec le concours de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Ainsi les conseils régionaux ont chacun mis en place des aides financières propres. Les municipalités ne sont pas en reste. Certaines villes proposent des soutiens financiers en fonction des dispositifs installés.
Faire baisser la facture
Malgré tout, l’ampleur des travaux nécessaires à la rénovation d’un bâtiment des années 50 a de quoi dissuader n’importe quel propriétaire. La seule façon de parvenir à un résultat probant reste encore de planifier les travaux en avançant étape par étape sur plusieurs années. Tout commence par le bilan qui peut être établi par les entreprises agréées, en l’absence de toute vente. Ce diagnostic permet d’évaluer les travaux et d’identifier les postes responsables des déperditions d’énergie.
Une fois ceux-ci identifiés, adressez-vous aux Espaces Infos Energies de l’Ademe de votre région. Vos interlocuteurs pourront vous renseigner et vous accompagner pour préparer le dossier de démarches nécessaires à l’obtention des aides financières auxquelles vous pouvez prétendre. Ils sont également bien placés pour vous aider à choisir les techniques les mieux adaptées à votre maison, les énergies renouvelables les plus rentables dans votre cas particulier, sans oublier les renseignements portant sur les professionnels installateurs de proximité.
ADEME. www.ademe.fr
N° azur : 0810 805 850
(prix appel local).
APEI-Actualités.
Sophie MILLOT
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