Politique : François Bayrou à l'écoute du vignoble

François Bayrou a effectué mardi après-midi une visite éclair en Beaujolais. Le candidat UDF à la présidentielle a visité une exploitation à Beaujeu avant de participer à une table-ronde rassemblant des viticulteurs. Il a plaidé pour le maintien d'un tissu agricole à dimension familiale, incitant par ailleurs les professionnels de la filière viticole à poursuivre les efforts d'union.
Sur le chemin de la présidentielle, François Bayrou a effectué mardi après-midi un rapide détour en Beaujolais. En visite durant deux jours dans le Rhône, le candidat UDF a choisi de se rendre à Beaujeu, sur les terres de Frédéric Miguet, conseiller général et membre de la famille politique centriste. Une initiative à laquelle Michel Mercier, président du Département et pilier de l'équipe de campagne, n'est pas étranger.
Bouleversant le programme établi, la délégation a tout d'abord rendu visite à Daniel Bulliat, viticulteur dans la commune et président de l'appellation beaujolais-villages. François Bayrou en a profité pour s'initier aux travaux de la vigne, taillant quelques ceps avant de filer vers la mairie où l'attendaient une vingtaine de viticulteurs venus plaider la cause d'un Beaujolais viticole englué dans une crise majeure.
La cravate lie de vin est en accord avec le lieu et le public. Dans une salle mise à disposition par la municipalité, François Bayrou écoute, interroge, répond aux exploitants viticoles. L'échange est direct, plein de franchise.
Bayrou n'hésite pas à donner du "tu", en homme habitué à dialoguer avec les gens de la terre (son père était cultivateur dans le Béarn, et lui-même y réside toujours). "Quels sont tes coûts de production ?", "Combien vaut-il votre primeur cette année ?", "Et les problèmes de stockage ?"... Les réponses viennent spontanément.
Et le candidat UDF d'avancer quelques propositions : "La création de deux emplois au sein d'une exploitation pourrait être exonérée de charges", imagine-t-il.
Ecoute et proximité
Et quand un membre de l'assemblée l'interroge sur le futur des exploitations familiales, fragilisées par la crise, la réponse est claire : "Je suis intimement persuadé qu'elles ne disparaîtront pas, quand bien même les surfaces cultivées augmenteront. On a besoin d'un tissu agricole vivant, garant de la conservation d'une culture et de paysages", argumente le président de l'UDF, qui retient aussi de cette rencontre "la nécessité de mieux organiser la production, aujourd'hui trop atomisée".
Interpellé sur "le rôle de bouc émissaire endossé par le vin rouge en matière de lutte contre l'alcoolisme", François Bayrou convient du fait qu'il existe "deux poids deux mesures, avec une communication plus aisée pour les alcools distillés que pour les alcools fermentés."
Organisateur de "cercles citoyens" dans son fief du sud-ouest, François Bayrou a visiblement fait de ces conversations à bâtons rompus un outil de campagne, persuadé que l'écoute et la proximité sont ses armes principales.
Une posture qui ne s'adapte pas facilement aux contraintes d'un homme en campagne. Le planning du candidat UDF est minuté. Tout juste prend-il le temps de descendre l'escalier de pierre menant au caveau, étape incontournable pour toute personnalité de passage en Beaujolais.
Un verre de beaujolais-villages 2005, un autre de 2006, quelques mains serrées et François Bayrou s'en va à la rencontre d'autres territoires, d'autres histoires.
Julien Verchère
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