Bernard Perrut :

Elu dès le premier tour avec plus de 55 % des voix, le député de la 9e circonscription est revenu sur les conditions de cette victoire lors d'un entretien réalisé dans nos locaux. Viticulture, santé, justice, il a également évoqué les dossiers chauds de sa prochaine mandature.
Le Patriote : "S'agit-il de votre plus belle victoire politique ?"
Bernard Perrut : "L'heure n'est pas au triomphalisme mais à l'action. Il s'agit, il est vrai, d'une belle satisfaction dans mon parcours au service de notre région et surtout d'une reconnaissance de l'activité menée tant à l'assemblée nationale que sur le terrain. J'ai aussi été élu sur le programme de Nicolas Sarkozy."
"Le fait d'être parvenu à faire revenir une partie des électeurs du Front National vers votre candidature constitue-t-il une satisfaction?"
"Je respecte le vote de chacun. Le programme de la majorité présidentielle rassemble, au delà des clivages passés, ceux et celles qui veulent que l'on traite des vrais problèmes. Je ne sais pas si des électeurs du Front national ont voté pour moi, sans doute ; en revanche, je sais qu'il y a des socialistes qui l'ont fait."
"Votre score à Villefranche ne fait-il pas de vous le candidat naturel de l'UMP aux municipales ?"
"Le moment n'est pas venu de répondre à cette question. Beaucoup pensent que ce serait une bonne chose pour notre ville et notre agglomération. J'ai été sollicité avant, pendant la campagne et par certaines personnes depuis dimanche. Mais nous ne sommes que mardi... Je ne sais pas sauter deux haies à la fois."
"Comment envisagez-vous votre troisième mandat ? Une nouvelle étape ou la continuité du travail engagé ?"
"Je vais continuer à travailler dans les domaines où je me suis impliqué, comme l'emploi, l'économie, la solidarité, la santé, l'éducation mais aussi m'intéresser à des questions nouvelles, notamment liés à l'environnement et l'écologie, toujours des sujets de la vie quotidienne... En contrepartie, je vais peut-être abandonner un certain nombre de responsabilités nationales, à l'image de mon siège au comité de bassins d'emplois."
"Je souhaite l'implantation d'un service de radiothérapie"
"Comment envisagez-vous la suite de l'action gouvernementale en matière de viticulture ?
"J'ai confiance en Christine Lagarde, la nouvelle ministre de l'Agriculture, car elle a été présente à deux occasions déjà auprès de la région, pour le lancement du beaujolais nouveau au Japon il y a deux ans, et pour débloquer les dossiers liés à l'export en direction de la Russie en 2006. L'avenir passe par la promotion, la commercialisation, la mise en place du cluster, le pôle de compétitivité. J'ai demandé à Chantal Pégaz, ma suppléante, de s'impliquer totalement sur ces sujets. Nous attendons que la nouvelle ministre continue à soutenir les efforts pour les viticulteurs en difficulté, mais aussi sur la restructuration du vignoble et l'arrachage temporaire. Je vais envoyer dans la semaine une note très complète sur la situation de la viticulture en Beaujolais, et demander à la ministre de soutenir la réécriture des décrets, et un plan vin national. Elle a plutôt le profil pour développer le beaujolais au niveau international. C'est une vision nouvelle de l'agriculture."
"En matière de santé, quels chantiers allez-vous défendre en priorité sur notre territoire ?
"Dans la continuité, je suis les projets tant de l'hôpital que de la polyclinique et des deux maisons médicales à Villefranche et Belleville. A l'hôpital, c'est un grand chantier (42 millions d'euros) qui va commencer. Je soutiens l'implantation sur notre territoire d'un service de radiothérapie dès l'année prochaine ou dans deux ans, ce qui éviterait à des centaines de personnes atteintes d'un cancer d'aller à Lyon. Je me bats aussi pour qu'un service de soins de suite voit le jour. Cela fera de Villefranche un vrai pôle santé."
"Vous continuerez à vous investir dans les domaines économique et de l'emploi ?"
"Le développement économique, c'est ma priorité, avec les zones économiques près du diffuseur, Libertec autour de Belleville, et des projets de zones artisanales dans les communautés de communes plus rurales.
Par ailleurs, je suis pour le maintien d'un service public de l'emploi, mais il faut mutualiser les moyens des différents acteurs. On pourrait par exemple imaginer l'idée d'un système informatique unique."
"Etes-vous favorable au retrait progressif de la carte scolaire, au programme du gouvernement ?"
"Le principe est bon, il est plus difficile à mettre en place. Certains trouvent les moyens de déroger à la carte scolaire, d'autres non. Cela donnerait une plus grande liberté de choix aux gens en fonction de leur travail, de la nourrice, des activités menées dans les établissements. Mais je suis prudent, il faut d'abord procéder à une expérimentation."
"Le tribunal de Villefranche doit être maintenu"
"Avec le développement de l'agglomération, pensez-vous que le Beaujolais puisse accueillir une antenne universitaire dans le futur?"
"En 1993, élu régional, je me suis battu pour avoir une antenne. La réponse des facultés a été que Villefranche ne disposerait pas de tous les moyens, par exemple d'une bibliothèque. Je vais dans les semaines qui viennent reprendre des contacts pour relancer cette idée.
Quelle place pour la culture, parfois laissée pour compte ?
"Des initiatives existent, il faut en développer d'autres et permettre de faire connaître notre région en dehors du vin. Je vais continuer à trouver des moyens pour aider les associations.
"En matière de justice, des interrogations reviennent régulièrement sur l'avenir et le maintien des "petites" juridictions, telles le tribunal de Villefranche. Quel regard portez-vous sur ce dossier ?"
"Il faut une réforme de la carte judiciaire, mais on ne peut pas traiter tous les départements de la même manière. Dans le Rhône, Lyon et Villefranche nécessitent toutes les deux une juridiction. Je vais même jusqu'à penser que le pôle d'instruction puisse se déplacer à Villefranche. D'une façon plus générale, je suis contre l'adhésion au Grand Lyon car je crois à l'entité Beaujolais-Val-de-Saône."
Propos recueillis par Michèle Moreau,
julien Verchère et Laurence Chopart de Radio Calade
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