Pour que les femmes battues osent enfin parler

Un huis-clos sordide, quelque part dans le Beaujolais, dont le paroxysme a été atteint au coeur de l'été dernier. "Il m'a poussé dans les escaliers, et j'ai basculé en arrière. Si je n'avais pas eu la force de me retenir, ç'aurait pu être dramatique. Il s'est ensuite acharné sur moi...", raconte Estelle, dont les membres portent encore les marques d'une agression qui n'était malheureusement pas la première. "Au début, il s'agissait uniquement de menaces verbales. Puis il y a eu les coups. J'ai même cru une fois y laisser ma vie", délivre la jeune femme. "Ce jour-là, je rentrais du travail, et il était ivre, comme souvent. Il a tenté de m'étrangler, sous les yeux de mon jeune fils. Heureusement, les voisins sont intervenus". Estelle porte plainte une première fois, mais l'affaire n'aboutit pas. "Il avait des soutiens locaux importants", glisse-t-elle.
"C'est un animal..."
Quand elle évoque aujourd'hui celui avec lequel elle a passé plusieurs années de sa vie, c'est avec des mots durs, et en regrettant de ne pas avoir osé parler plus tôt. "Je le vois comme un animal... Il ne faut pas attendre un drame pour réagir. Ça commence par une dispute, des menaces verbales, on pense que ça va s'arranger... Il m'a presque fait culpabiliser, en me disant que j'avais un problème psychologique. A un moment, je me suis même dit : "Il a peut-être raison", explique-t-elle. Pendant longtemps, la jeune femme s'est réfugiée dans son travail, gardant pour elle son douloureux secret. "Je laissais mes soucis aux vestiaires. Je ne voulais pas laisser transparaître mon malaise auprès de ma famille ou de mes collègues de travail. J'avais un peu honte. Et puis il y a surtout cette peur de ne pas être pris au sérieux", délivre Estelle.
Car l'homme violent passait en public pour un personnage honorable. "Il avait deux visages. Quand on invitait des gens, il passait pour quelqu'un d'ouvert, d'aimable. Mais une fois la porte refermée, c'était un autre homme...".
"J'apprends à nager"
Si les stigmates physiques disparaîtront un jour, les séquelles mentales devraient être plus longues à effacer. "Le soir, je m'endors avec un téléphone portable dans le lit. La peur n'a pas totalement disparue. D'autre part, il va me falloir beaucoup de temps avant de faire à nouveau confiance à un homme. Mais je commence à revivre. Je me suis notamment lancée dans la natation. J'ai appris à nager", sourit la jeune femme.
Lâchée par sa propre famille, "qui a toujours eu face à elle un homme charmant", Estelle a trouvé du soutien chez des amis. Mais son combat est aussi celui de la solitude. "Il faut garder la tête haute, ne pas baisser les yeux, et surtout ne pas appréhender d'être seule. On y laisse des plumes, mais c'est un combat qui vaut la peine d'être mené", exprime-t-elle.
La plainte qu'elle a déposée à l'été contre son ex-compagnon a cette fois-ci aboutie. L'homme a récemment été condamné à une peine de prison avec sursis. "Je suis satisfaite et soulagée. Mon combat aura servi à quelque chose. Il a maintenant une épée de Damoclès au-dessus de la tête. S'il recommence, ce sera la prison", délivre Estelle, s'empressant d'ajouter que son histoire ne se résume pas à un simple combat individuel. "Si je témoigne, c'est pour toutes les autres femmes qui connaissent la même situation, et qui malheureusement n'osent pas parler. On commence à évoquer les violences conjugales, mais c'est encore trop souvent tabou. J'espère que ce témoignage ouvrira les yeux d'un certain nombre de femmes. Aujourd'hui, je me sens prête à tendre la main à celles et ceux qui ont vécu la même histoire."
J.V.
*prénom d'emprunt.
Implantation commerciale : Ikéa donne son feu vert
Développement économique. Val de Saône : Lybertec sur les rails
Emploi des seniors : on pense enfin à eux
Economie : le Télétravail connecté avec la Maison de l'emploi
Jean-Pierre Martin, président de Beaujolais Initiatives
Satim : une entreprise pas comme les autres
Blédina veut encore faire
Fleurie : une 4e étoile pour le camping
Les transports Maisonneuve s'offrent une vitrine commerciale
Sylviculture : avec geoforet.com, la forêt entre dans le XXIe siècle
Techné prend possession du nouveau bâtiment
Création d'entreprise : Jérémie De Magalhaes pose sa griffe
Economie : Berthoud recrute 60 personnes en CDD
Camping de Fleurie : plus qu'une simple halte
Apprentissage : le compagnonnage forge un caractère
Entreprise. Yannick Chevillon : tout lui réussit
Pro-emploi.fr : une autre façon de recruter
La télé-alarme, une sécurité pour le maintien à domicile
Le Droit individuel à la formation : un dispositif à utiliser
Tribunal de commerce : vers une journée de formation pour les chefs d'entreprises
L’UDF prépare les prochaines échéances municipales
Emploi : coup de pouce à la création d'entreprises
Entreprises : l'innovation, pour les petites comme pour les grandes





