Création d'entreprise : Jérémie De Magalhaes pose sa griffe

A 22 ans, cet étudiant de Jassans lance sa ligne de prêt-à-porter, Saudades, sur internet. Un concept en vogue.
Se lancer dans l’univers de la mode nécessite une certaine dose de culot ou de courage, c’est selon. Dans ce domaine comme ailleurs, la concurrence règne. Du haut de ses 22 ans, Jérémie De Magalhaes, étudiant en master de banque finance à l’Université Lyon 2, s’est jeté dans l’arène stylistique sans préjuger de ses chances, mais avec conviction. Il le traduit ainsi : "Même si je n’ai pas encore terminé mes études, j’avais l’idée d’entreprendre, de créer quelque chose. La concurrence ne m’a pas freinée. Je crois que la nécessité d’être reconnu au-delà de chez soi n’est pas toujours indispensable pour gagner sa vie. J’ai un regard neuf sur le prêt-à-porter, sans a priori. Si je me fie à ce que j’ai attendu, on ne s’attend pas à voir quelqu'un de jeune derrière ça."
Son concept a connu plusieurs étapes avant d’arriver sur Internet en juin 2006 (http://www.saudades.fr), avec la création du logo, puis le financement de la société, et enfin la commercialisation en ligne depuis avril dernier.
Aujourd’hui, deux boutiques lyonnaises proposent sa gamme de prêt-à-porter destinée à un public âgé de 25 à 35 ans. Il est prévu à la rentrée la participation à quelques défilés, histoire de faire connaître la marque. Saudades a vu le jour grâce au concours de son oncle, ingénieur en informatique.
Saudades, plus
qu’une marque de plus
Il l’a aidé à poser sa griffe dans le monde des sites marchands qui foisonnent sur Internet.
Une collaboration qui se vit comme une aventure à plusieurs, car Jérémie De Magalhaes fourmille d’idées pour élargir sa gamme. "Mon souhait, c’est d’offrir une signature à une gamme de vêtements variés. Sur notre site, plusieurs créateurs vont m’apporter leur touche." Dans cette optique, l’un d’entre eux, Marco Mesquita, stylisera les prochaines collections Saudades.
Mais avant de voir défiler tous ces projets, Saudades est un peu plus qu’une marque de plus. Ce vocable a une histoire, liée à la terre familiale de Jérémie De Magalhaes : "Ce mot est né des conquêtes portugaises. C’est un sentiment humain qui désigne la nostalgie du passé." Un rapport avec Proust ? "Oui, un peu. Il fonctionne sur le même modèle de la madeleine de Proust. C’est le 7e mot le plus difficile à traduire d’après une étude de la BBC. Mais pour moi, il n’y a pas d’allusion communautaire. Il s’agit justement de sortir de certains clichés." Comme quoi même derrière la sape, on peut cogiter un instant avant de se lancer.
R.N.
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