Beaujolais nouveau : la viticulture en alerte

Les principaux responsables viticoles montrent du doigt le négociant Quinson, qui aurait selon eux acheté des vins primeurs à des prix largement inférieurs à ceux pratiqués actuellement. Une rencontre avec les dirigeants de la société de Romanèche est prévue aujourd'hui.
VITICULTURE
Les cours de début de campagne tiendront-ils le choc encore longtemps sur le marché des beaujolais nouveaux ? C'est la question que se posent l'ensemble des acteurs de la filière viticole.
Si les prix d'achat se maintiennent à peu près depuis le début des transactions, avec des chiffres fréquemment cités oscillant entre 140 et 150 euros par hectolitre pour les beaujolais, un grain de sable semble s'être glissé dans la machine.
Ainsi, les responsables viticoles déplorent dans un communiqué rendu public hier en fin d'après-midi le comportement d'un négociant, accusé d'avoir acheté du vin primeur à des prix indignes. "Les propositions de bas prix faites aujourd’hui par la société Quinson ont provoqué la réaction unanime de l’ensemble de la filière (Union Viticole du Beaujolais, FDSEA du Rhône, Fédération des caves coopératives du Beaujolais, Caves et Vignobles du Beaujolais, Groupement des Beaujolais, Amicale des Beaujolais Villages, Union des Crus). Les sept présidents de ces structures, Bruno Matray, Robert Verger, Jean-Luc Merle, Philippe Thillardon, Denis Chilliet, Daniel Bulliat, Gilles Paris ont demandé à rencontrer les dirigeants de ce négoce, MM. Kessler et Gross mercredi 12 octobre. Ces personnes n’ont pas accepté la rencontre mais ont reçu le message de la viticulture : de tels prix ne seront pas acceptés", peut-on lire dans cette lettre.
"On veut éteindre le feu tout de suite pour éviter que d'autres opérateurs ne suivent le mouvement", précise un responsable d'appellation.
En l'absence des principaux dirigeants de Quinson, Sylvie Ravier, responsable des achats pour la région Beaujolais, a accepté de répondre à ces accusations. "On n'a pas refusé de voir cette délégation mais personne ne pouvait recevoir les viticulteurs aujourd'hui. Rendez-vous a été pris pour demain matin (aujourd'hui, ndlr)", indique Mme Ravier, qui réfute l'idée selon laquelle Quinson tenterait de déstabiliser le marché. "Notre positionnement n'a rien d'extraordinaire. On répond à une offre et on ne met pas le couteau sous la gorge des viticulteurs pour qu'ils nous vendent leur vin. D'autre part, nous ne sommes pas de gros faiseurs de beaujolais nouveau. Notre entreprise n'a pas une taille suffisante pour perturber le marché."
Une explication qui ne paraît pas en mesure de satisfaire les responsables viticoles, dont le communiqué s'achève par cette phrase laconique : "Suite à cette mise en garde, les organisations professionnelles refuseront d’assumer la responsabilité de dérapages éventuels de vignerons désespérés."
Alors qu'on entre dans la phase critique de la campagne 2007 du primeur, la tension monte en Beaujolais.
J.V.
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